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Élan
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Vie & équilibre

Décrocher son premier job

Baby-sitting, aide aux devoirs, job d’été : ton premier job est plus proche que tu ne le crois. Ce cours t’explique ce que tu as le droit de faire selon ton âge, comment trouver des missions autour de toi, écrire un CV crédible sans expérience, envoyer un message qui donne envie de répondre, réussir l’entretien et assurer tes premiers jours. Avec des modèles concrets à réutiliser dès cette semaine.

Adapter à ton niveau

~25 min5 chapitresNiveau 2de

À la fin de ce cours, tu sauras

  • savoir ce que tu as le droit de faire à ton âge — et où vérifier les règles officielles
  • repérer les missions accessibles autour de toi et oser en parler à ton réseau
  • monter un CV crédible sans expérience et écrire un message qui donne envie de te répondre
  • aborder l’entretien et tes premiers jours avec un plan clair en tête

Sources de ce cours

Ce que tu as le droit de faire avant 18 ans

Un premier job à 15 ou 16 ans, ce n’est pas juste de l’argent de poche en plus. C’est la première fois qu’on te fait confiance en dehors de ta famille et du lycée : on te paie pour ce que tu fais, et on compte sur toi. Ça t’apprend des choses qu’aucun cours ne donne — arriver à l’heure sans que personne te réveille, parler à des adultes que tu ne connais pas, tenir un engagement même le jour où tu n’as pas envie.

Mais avant de foncer, il faut connaître le cadre. En France, le travail des mineurs suit des règles précises — pas pour t’embêter, pour te protéger. Un employeur sérieux les connaît et les respecte. Quelqu’un qui te propose de bosser en dehors de ces règles, ce n’est pas une bonne occasion : c’est un signal d’alarme. Trois repères pour commencer : en général, on peut signer un contrat de travail à partir de 16 ans ; dès 14 ans, c’est possible uniquement pendant une partie des vacances scolaires et sous conditions strictes ; et une règle qui ne bouge jamais tant que tu es mineur — l’autorisation de ton représentant légal (un parent, ton tuteur) est obligatoire, pour tous les jobs.

Élio t’explique

Ces règles, vois-les comme les barrières d’un pont : elles ne t’empêchent pas de traverser, elles évitent que tu tombes pendant la traversée. Le jour où on te propose de « sauter par-dessus », méfie-toi.

La loi te protège aussi une fois embauché. Les travaux dangereux sont interdits ou très encadrés pour les mineurs, le travail de nuit est en principe interdit avant 18 ans, ton temps de travail est limité et tu as droit à des repos. Il existe aussi un salaire minimum, le Smic, avec des règles particulières pour les moins de 18 ans. Tu n’as pas à retenir chaque détail par cœur : retiens surtout que tout est écrit, à jour, sur service-public.fr, le site officiel de l’administration. Dix minutes dessus avec un parent avant d’accepter un job valent tous les on-dit.

Dernier point, et pas le moindre : le travail déclaré. Même un baby-sitting régulier peut être déclaré par la famille qui t’emploie — il existe des dispositifs faits pour ça, le Cesu ou, selon la situation de la famille, le Pajemploi (à vérifier sur urssaf.fr). Déclaré, tu es couvert si tu te blesses, tu as une trace de ce qu’on te doit, un recours si ça tourne mal. Non déclaré, tu perds presque toutes ces protections : même si la loi te laisse, sur le papier, certains recours (comme une indemnité si le travail dissimulé est prouvé), il te faut alors prouver que tu as bien travaillé, ce qui devient très compliqué sans fiche de paie ni trace écrite. « Au black, c’est plus simple » : plus simple pour l’employeur, surtout. Pas pour toi.

Figure

À partir de quel âge ?

  • Travaux légers, pendant une partie des vacances : 14 ans
  • Contrat de travail (cas général) : 16 ans
  • Formation BAFA (animation) : 16 ans
  • Fin de l’interdiction générale de travail de nuit : 18 ans

Comment lire : Chaque barre indique un âge repère pour ce type de travail. Quel que soit le chiffre, tant que tu es mineur, l’autorisation de tes parents reste obligatoire. Le travail de nuit reste interdit avant 18 ans, sauf rares dérogations très encadrées.

Exemple — Noé, 16 ans, et le baby-sitting des voisins

Une voisine propose à Noé de garder ses deux enfants un soir par semaine, « payé en liquide, tranquille ». Noé est partant. Son père, lui, pose deux questions avant de dire oui.

D’abord : « Est-ce que tu es d’accord pour qu’on te déclare ? » Tant que Noé est mineur, il faut de toute façon l’autorisation de son père — autant en profiter pour cadrer les choses proprement. Un soir, ils regardent ensemble service-public.fr et découvrent le Cesu, le dispositif qui permet à la famille de déclarer facilement ce genre de garde. La voisine, elle, ne connaissait pas — elle n’était pas de mauvaise foi, juste mal informée.

Résultat : Noé garde les enfants, déclaré. Ça n’a rien changé à son quotidien, sauf qu’il reçoit une trace de ses heures et qu’il est couvert s’il se blesse. Il a surtout appris un réflexe qui lui servira toute sa vie : vérifier le cadre avant de commencer, pas après.

Quiz

Qu’est-ce qui est vrai pour tous les jobs quand tu es mineur en France, si tu n’es pas émancipé ?

Élio te met en garde

Quelqu’un te propose de bosser « sans paperasse, c’est plus cool » ? Traduction : pas de bulletin de paie, des droits sociaux non ouverts, et des preuves beaucoup plus difficiles à apporter si ça tourne mal. Tu vaux mieux que ça — et un vrai employeur, lui, n’a pas peur des règles.

Les règles à connaître

  • Contrat de travail possible à partir de 16 ans en général ; dès 14 ans seulement pendant une partie des vacances scolaires, sous conditions strictes.
  • Mineur = autorisation de ton représentant légal obligatoire, pour tous les jobs (sauf mineur émancipé, cas rare).
  • Travaux dangereux interdits, travail de nuit en principe interdit avant 18 ans, temps de travail limité et repos garantis.
  • Le travail déclaré te protège ; pour le baby-sitting, la famille peut passer par le Cesu ou, selon sa situation, le Pajemploi.
  • Mineur étranger non européen : des règles de séjour et d’autorisation de travail peuvent s’ajouter — vérifie la fiche officielle avec un adulte.
  • Le détail à jour et fiable : service-public.fr, à lire dix minutes avec un parent.

Trouver ta première mission (elle est plus près que tu crois)

Bonne nouvelle : tu n’as pas besoin d’attendre un contrat en bonne et due forme pour commencer à te faire un peu d’argent. À côté de l’emploi en entreprise, très encadré, il existe toute une famille de petits services rendus à des particuliers, toujours avec l’accord de tes parents. Attention : la règle des 16 ans (ou 14 ans pendant les vacances, sous conditions strictes) ne disparaît pas parce qu’on appelle ça « petit service » plutôt qu’« emploi ». Dès que c’est régulier et rémunéré, vérifie toujours avec tes parents avant de t’engager sur la durée.

Le baby-sitting d’abord : c’est souvent le premier job des ados, parce que les familles autour de toi en cherchent en permanence. L’aide aux devoirs ensuite : si tu es à l’aise dans une matière, des parents de collégiens paieront volontiers un lycéen pour faire réviser leur enfant — pas besoin d’être un génie, juste d’avoir un ou deux ans d’avance. Les services aux voisins enfin : arroser des plantes, garder un chat, promener un chien, monter des courses. Petits montants, mais vraie expérience.

À 16 ans, le champ s’ouvre : le job d’été classique (vente, restauration, accueil), les travaux saisonniers, et l’animation — tu peux commencer la formation BAFA dès 16 ans, ce qui ouvre les portes des centres de loisirs et des colos. Et chaque mission, même minuscule, nourrit la suivante : le baby-sitting d’aujourd’hui, c’est la ligne « expérience » de ton CV de demain.

L’astuce d’Élio

Commence par les gens qui savent déjà que tu es fiable : voisins, famille élargie, parents d’amis, profs, entraîneur. À ton âge, une recommandation vaut mille annonces en ligne — et elle rassure tout le monde, tes parents compris.

Exemple — Assia lance son baby-sitting sans poster une seule annonce

Assia, 16 ans, veut se faire un peu d’argent en gardant des enfants. Elle ne connaît aucune famille qui cherche. Sa mère, si : il y a un groupe de discussion entre voisins de la résidence.

Elles écrivent le message ensemble, et c’est sa mère qui l’envoie : « Bonjour à tous ! Ma fille Assia, 16 ans, propose du baby-sitting le week-end et certains soirs. Elle garde déjà régulièrement ses petits cousins, et je reste joignable pendant ses gardes. Écrivez-nous si ça vous intéresse. »

Deux familles répondent dans la semaine. La première garde se passe bien ; la maman la recommande à une collègue. Trois mois plus tard, Assia dépanne de temps en temps quelques familles du quartier, déclarée par elles via le Cesu — sans une seule annonce publique. Le déclic : elle n’a pas cherché « un job », elle a fait savoir à son entourage qu’elle était disponible. Ce n’est pas la même chose.

Reste la question qui met tout le monde mal à l’aise : combien demander ? Le prix d’une garde ou d’un coup de main dépend de plein de choses — l’endroit où tu vis, le nombre d’enfants, l’heure, le jour — et il n’existe pas de tarif unique. En revanche, dès que c’est un vrai job encadré (contrat, Cesu), il existe un plancher : le tarif ne peut jamais descendre sous les minima légaux (Smic, parfois minoré selon ton âge, règles du Cesu, éventuelle convention collective, congés payés compris). Le bon réflexe n’est donc pas de lancer un chiffre au hasard, mais de te renseigner avant : demande à des ados qui gardent déjà près de chez toi ce qui se pratique, parles-en à tes parents, jette un œil aux infos d’une structure jeunesse. Tu auras vite une fourchette réaliste en tête.

Ensuite, la règle d’or : on se met d’accord sur le tarif avant la mission, jamais après. Une phrase suffit — « On part sur combien de l’heure ? » — dite au moment où l’on convient de la garde, pas au moment de repartir. Ça t’évite le grand classique du débutant : bosser trois heures sans savoir ce qu’on va te donner, puis repartir gêné avec ce qu’on veut bien te glisser. Parler d’argent clairement, ce n’est pas être vénal : c’est être sérieux, et un employeur correct respecte ça.

Où chercher, en vrai

  • Ton entourage proche : voisins, famille, parents d’amis, profs — ta piste la plus sûre et la plus rapide.
  • Le réseau Info Jeunes (et le site cidj.com) : quels jobs à quel âge, tes droits, des opérations « jobs d’été ».
  • La mission locale, qui accompagne les 16-25 ans, notamment si tu n’es plus scolarisé.
  • 1jeune1solution.gouv.fr, la plateforme de l’État qui regroupe jobs et stages pour les jeunes.
  • Ta mairie : beaucoup de communes recrutent des jeunes l’été ou affichent des offres locales.

Quiz

Tu veux te lancer dans le baby-sitting. Quel est le meilleur premier réflexe ?

À toi de jouer — Cartographie ton réseau

Prends une feuille ou une note de téléphone. Liste dix adultes qui te connaissent et te font confiance : voisins, famille élargie, parents d’amis, profs, entraîneur, commerçants du quartier. Pour chacun, note un service que tu pourrais lui proposer ou une personne qu’il pourrait connaître (garde d’enfants, aide aux devoirs, plantes, animaux, coup de main). Entoure les deux contacts les plus prometteurs : ce sont tes premières pistes. Montre la liste à tes parents avant de contacter qui que ce soit.

Ton CV et ton message : donner envie de te répondre

« Je ne peux pas faire de CV, je n’ai jamais travaillé. » C’est la phrase qui bloque le plus d’ados, et elle repose sur un malentendu : personne n’attend d’un lycéen le CV d’un adulte avec dix ans de carrière. Celui qui te lit cherche à répondre à une seule question — est-ce que je peux te confier ça ? Garder des enfants, tenir une caisse, ranger une réserve. Tout ce qui l’aide à répondre « oui » a sa place sur la page.

Et tu as plus de matière que tu crois. Tu gardes tes petits cousins depuis deux ans ? C’est de l’expérience de garde d’enfants. Tu es délégué de classe ? Tu sais parler à des adultes et représenter un groupe. Tu joues en club depuis des années ? Tu sais tenir un engagement dans la durée. Ton stage d’observation de 3e ? C’est une vraie ligne, avec un vrai nom d’entreprise. Le travail, ce n’est pas d’inventer une expérience : c’est de traduire ce que tu fais déjà en compétences que l’autre comprend.

Élio t’explique

Un CV, ce n’est pas la liste de ce que tu as fait. C’est la réponse à une question : « Peut-on compter sur toi pour cette mission ? » Chaque ligne doit pousser vers le oui — sinon, elle ne sert à rien.

« Traduire », concrètement, c’est remplacer le vague par du précis. « Je garde souvent mes cousins » devient « Garde régulière de deux enfants de 4 et 7 ans depuis deux ans ». « Je suis délégué » devient « Délégué de classe, porte-parole de trente élèves auprès des professeurs ». Une durée, un nombre, un nom : voilà ce qui transforme « bon gamin » en « candidat crédible » dans la tête de celui qui lit.

Pour la forme, quelques règles simples suffisent : une page maximum, des rubriques claires (qui tu es et ce que tu cherches, tes expériences même non professionnelles, tes activités, tes compétences), des faits plutôt que des adjectifs, une adresse mail sérieuse du type prénom.nom. Deux points non négociables : fais relire l’orthographe par un adulte avant tout envoi, et n’invente jamais rien — un mensonge finit toujours par se voir, souvent au pire moment.

Mais pour beaucoup de premières missions, il n’y aura même pas de CV : tout se jouera sur un message. Un SMS à une voisine, un mail à un magasin. Et la personne qui le reçoit décide en quelques secondes si elle répond ou si elle passe.

Figure

Un message de candidature en 4 temps

  1. Qui tu es : ton prénom, ton âge, et le lien qui vous relie s’il existe
  2. Pourquoi tu écris, précisément : la mission exacte que tu proposes ou que tu vises
  3. Ce qui joue pour toi : une habitude, une expérience ou une disponibilité, en une phrase
  4. La porte ouverte : « je peux passer me présenter quand cela vous arrange »

Comment lire : Déroule ces quatre temps dans l’ordre : chacun répond d’avance à une question que se pose la personne qui te lit.

Exemple — Manon : deux messages, deux résultats

Manon, 16 ans, écrit à une famille de son immeuble qui cherche une baby-sitter. Première version : « Bonjour, il paraît que vous cherchez quelqu’un pour garder vos enfants, je suis intéressée. Voilà. »

Sa grande sœur grimace : « Tu ne dis ni qui tu es, ni pourquoi toi. » Deuxième version : « Bonjour Madame, je suis Manon, 16 ans, la fille des voisins du deuxième étage. J’ai appris que vous cherchiez une baby-sitter. Je garde régulièrement mes cousins de 4 et 7 ans et je suis disponible les vendredis et samedis soirs. Ma mère est au courant et reste joignable pendant les gardes. Je peux passer me présenter quand cela vous arrange. Bonne journée, Manon. »

Même fille, mêmes compétences. Mais le second message répond d’avance aux trois questions de la maman : qui est-elle, sait-elle s’y prendre, est-ce un cadre sérieux ? Le vouvoiement, le « Bonjour Madame », la signature : ce ne sont pas des décorations, c’est le premier test de sérieux, passé avant même de parler de soi. Réponse dans l’heure, rencontre le samedi suivant.

L’astuce d’Élio

Deux réflexes qui changent tout. Avant d’envoyer : relis ton message à voix haute — si tu n’oserais pas le dire en face, réécris-le. Après l’envoi : pas de réponse au bout d’une semaine ? Une seule relance, courte et polie. Le silence ne dit pas pourquoi : message enseveli, refus non exprimé, garde déjà trouvée — une relance unique suffit, puis tu continues ailleurs.

Quiz

Tu n’as aucune expérience professionnelle. Que fais-tu de la rubrique « Expériences » de ton CV ?

À toi de jouer — Muscle trois lignes de ton CV

Choisis trois choses vraies de ta vie : une garde ou un coup de main, une responsabilité (délégué, capitaine), une activité (sport, musique, asso) ou ton stage de 3e. Pour chacune, écris d’abord la version « comme tu le dirais à un pote », puis muscle-la avec du précis — une durée, un nombre, un lieu. Exemple : « je fais du foot » devient « football en club depuis huit ans, présent à chaque entraînement ». Fais-le pour tes trois lignes, puis montre-les à un adulte pour l’orthographe. Tu viens d’écrire le cœur de ton premier CV.

L’entretien et les premiers jours

Ton message a fonctionné : on veut te rencontrer. Respire. Un entretien pour un premier job, ce n’est pas un interrogatoire — c’est une conversation où chacun vérifie que ça peut coller. En face, on ne cherche pas un expert : on cherche quelqu’un de fiable, poli et motivé. Trois choses que tu peux montrer sans une seconde d’expérience.

Prépare trois éléments, pas plus. Ta présentation en trente secondes : qui tu es, ce que tu cherches, une chose concrète qui joue pour toi. Ta réponse à « pourquoi cette mission ? » : sois honnête — gagner de l’argent est une raison légitime, mais ajoute ce qui t’attire vraiment (le contact avec les enfants, l’ambiance d’une équipe, apprendre un métier de l’intérieur). Deux questions à poser : les horaires, les tâches exactes, comment se passe le premier jour. Poser des questions ne fait pas amateur, ça montre que tu te projettes.

Le jour J : une tenue propre et simple, arrive dix minutes en avance, téléphone en silencieux au fond du sac, regarde la personne quand tu lui parles, dis bonjour et merci. Ça paraît évident ? C’est justement pour ça que ceux qui le font vraiment sortent du lot.

Élio t’explique

Un entretien, c’est un essayage, pas un examen. On vérifie que ça va aux deux : à celui qui embauche… et à toi. Tu as le droit de vérifier, toi aussi, que la mission te convient.

Exemple — Théo assume son inexpérience

Théo, 16 ans, passe un entretien pour aider dans une supérette de quartier en juillet. Le gérant attaque direct : « Tu as déjà travaillé ? »

« Non, ce serait mon premier job. Par contre, je tiens le stand de mon club de basket au forum des associations chaque année : accueillir les gens, encaisser, ranger. Et je me lève tôt sans problème, je m’entraîne à 7 h le samedi. »

Le gérant sourit : « Ici, le samedi, ça n’arrête jamais, tu sais ? » — « C’est justement ce que je voulais vous demander : ça ressemble à quoi, un samedi ? Histoire de savoir à quoi me préparer. »

À la fin, il lui tend un papier : « Fais signer l’autorisation à tes parents et reviens me voir. » Théo n’a pas caché son inexpérience — il l’a assumée, puis remplacée par des preuves concrètes de fiabilité. C’est exactement ce qu’un employeur de premier job veut entendre.

Avant de partir, soigne la sortie : « Quelles sont les prochaines étapes ? » ou « Quand puis-je espérer une réponse ? ». Tu sauras ainsi quand relancer, au lieu de patienter dans le vide. Et si une question te déstabilise, pas de panique : « Je n’y avais pas pensé, mais spontanément je dirais… » vaut mille fois mieux qu’un blanc paniqué ou qu’un mensonge.

Tu es pris ? Les premiers jours obéissent à des règles simples. Arrive en avance, chaque fois — la ponctualité est le premier critère sur lequel on juge un débutant, parce que c’est le plus facile à observer. Écoute et note les consignes, les prénoms, où se rangent les choses. Demande quand tu ne sais pas : une question n’a jamais fait passer personne pour un incapable ; casser du matériel parce qu’on n’a pas osé demander, si. Et si tu fais une erreur, dis-le tout de suite : ce qui distingue les gens fiables, ce n’est pas zéro erreur, c’est zéro erreur cachée.

Enfin, connais tes droits de base : des horaires convenus à l’avance, des pauses, être payé ce qui était prévu, quand c’était prévu. Si quelque chose te semble anormal — heures jamais payées, tâches dangereuses, remarques ou gestes déplacés — tu n’as ni à négocier seul, ni à « faire avec » : parles-en le jour même à tes parents ou à un adulte de confiance. Les règles qui te protègent sont détaillées sur service-public.fr, et ton représentant légal peut agir pour toi.

Quiz

Deuxième jour de job, tu casses un objet en rangeant la réserve. Personne ne t’a vu. Tu fais quoi ?

À toi de jouer — L’entretien blanc

Demande à un parent, un grand frère ou une amie de jouer l’employeur pendant dix minutes. Il te pose quatre questions : « Présente-toi », « Pourquoi cette mission ? », « Tu n’as pas d’expérience, pourquoi toi ? », « Tu es disponible quand ? ». Réponds pour de vrai, debout, téléphone rangé. Termine en posant toi-même deux questions. Puis demande un retour honnête : une chose qui allait, une chose à améliorer. Refais-le une fois avant chaque véritable entretien.

Élio te félicite

Tu as fait un entretien blanc ? La version réelle te paraîtra deux fois plus simple. C’est toute la magie de la répétition : le trac s’use à l’entraînement, jamais en y pensant la veille au soir.

Ton plan d’action

Avant le plan, une dernière idée : ce qu’un premier job t’apprend vraiment — parce que l’argent, honnêtement, c’est la partie la moins intéressante.

Un premier job change ta façon de voir les prix : quand tu sais ce que représente une heure de garde ou de mise en rayon, un achat ne se compte plus en euros, mais en heures de ta vie. Il change ta façon de parler aux adultes : après un été à servir des clients ou à rassurer des parents, un oral au lycée fait beaucoup moins peur. Et il t’apprend la chose la plus précieuse : la fiabilité se construit. Chaque garde honorée, chaque samedi où tu étais là à l’heure, chaque erreur avouée ajoute une brique à ta réputation. C’est ce capital-là, invisible mais bien réel, qui t’ouvre les portes suivantes. Même un job « pas passionnant » t’apprend tout ça : ton premier job n’est pas ton destin, c’est ton terrain d’entraînement.

Figure

La fiabilité, ça se construit

  • Courbe conceptuelle : La confiance qu’on t’accorde en fonction de Les missions honorées, l’une après l’autre. 1re mission : on te teste. On te recommande.

Comment lire : Aucun chiffre ici : la courbe illustre une idée. Chaque mission honorée fait monter la confiance qu’on t’accorde — et c’est cette confiance qui t’ouvre les portes suivantes.

Le récap du cours

  • La loi t’encadre pour te protéger : contrat possible dès 16 ans en général, dès 14 ans seulement pendant une partie des vacances, autorisation parentale toujours obligatoire — détails sur service-public.fr.
  • Le travail déclaré te protège ; méfie-toi de tout « employeur » qui veut éviter la paperasse.
  • Tes premières missions sont près de toi : baby-sitting, aide aux devoirs, services aux voisins — le bouche-à-oreille est ton meilleur allié.
  • Un CV sans expérience se construit avec du vrai : stage de 3e, gardes, responsabilités, activités. Une page, zéro mensonge, relu par un adulte.
  • Un message qui donne envie : qui tu es, ce que tu proposes, ce qui joue pour toi, une porte ouverte. Court, poli, une seule relance après une semaine.
  • Entretien et premiers jours : ponctualité, questions, honnêteté sur les erreurs. Quelque chose d’anormal ? Un adulte de confiance, tout de suite.

Maintenant, l’escalier — une marche par jour suffit.

Cette semaine. Jour 1 : parle de ton projet à tes parents (leur accord est obligatoire, et ils sont ton premier réseau). Jour 2 : fais la cartographie de ton réseau et choisis tes deux pistes les plus chaudes. Jour 3 : écris ton CV d’une page et fais-le relire. Jour 4 : rédige ton message avec la structure en quatre temps. Jour 5 : envoie-le. Pour de vrai.

Dans le mois. Relance au bout d’une semaine si silence. Ouvre une deuxième et une troisième piste : une structure Info Jeunes près de chez toi, le site de ta mairie, 1jeune1solution.gouv.fr. Fais un entretien blanc dès qu’une rencontre se profile. Et note tout — réponses, refus, contacts : c’est ton tableau de bord, pas ton bulletin de notes. Un refus n’est pas un verdict sur toi, c’est une piste de moins, et il en reste toujours d’autres. La vraie différence entre ceux qui trouvent et ceux qui attendent tient en un mot : ils demandent. Pas parfaitement, pas sans trembler. Ils demandent, c’est tout.

À toi de jouer — Le premier domino

Cette semaine, envoie un vrai message à une vraie personne : une voisine pour du baby-sitting, un commerce pour cet été, une structure jeunesse pour te renseigner. Trois conditions : tes parents sont au courant et d’accord, le message suit la structure en quatre temps, et tu l’as relu à voix haute. Note la date d’envoi et la date de relance prévue (sept jours plus tard). Un seul message suffit : c’est le domino qui fait tomber tous les autres.

Quiz

Quelle est la meilleure toute première étape pour décrocher un premier job ?

Élio te félicite

Tu es arrivé au bout du cours — il ne manque plus qu’un message envoyé pour que tout devienne réel. Ton premier job ne le sait pas encore, mais c’est toi qu’il attend. Allez, file : le premier domino, c’est maintenant.

Continue ton élan

Cours suivant : Le sommeil, ton super-pouvoir

Pas sommeil à minuit, épuisé à sept heures ? Ton horloge a changé d’heure, pas ta volonté. Apprends à recharger le super-pouvoir qui muscle ta mémoire, ton humeur et ton sport.