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Vie & équilibre

Manger et bouger, sans prise de tête

On te parle de nourriture partout — pubs, réseaux, injonctions — et presque jamais de ce qui compte : manger, c’est de l’énergie et du plaisir, pas un examen. Ce cours t’apprend à décoder le marketing alimentaire, à cuisiner trois plats simples qui rendent autonome, à bouger d’une façon qui te plaît vraiment, et à regarder les corps « parfaits » des réseaux pour ce qu’ils sont : des fabrications. Avec, parce que c’est important, les bons réflexes si manger devient une source d’angoisse — pour toi ou pour un ami.

~25 min (à lire en une ou plusieurs fois)4 chapitresNiveau 5e

À la fin de ce cours, tu sauras

  • comprendre que manger, c’est le carburant de ton corps qui grandit — pas des règles à suivre
  • repérer les pubs et les paquets qui te font de l’œil, et lire ce qu’il y a vraiment dedans
  • trouver ta façon de bouger, celle qui te fait plaisir — pas seulement le sport de club
  • savoir que ton corps change à ton rythme, que les photos « parfaites » sont truquées, et vers qui te tourner si manger devient une inquiétude

Sources de ce cours

Ton corps grandit, la nourriture est son carburant

Commençons par ce que ce cours n’est pas : pas de régime, pas de calories à compter, pas d’aliments « interdits », et aucune morale sur le poids. Pas parce qu’on a oublié — parce que tout ça marche mal, surtout à ton âge.

En ce moment, ton corps grandit et se transforme énormément. Pour faire tout ce travail, il a besoin de beaucoup d’énergie et de matériaux — et c’est la nourriture qui les apporte. Manger, pour toi, ce n’est pas « faire attention » : c’est donner du carburant à un moteur qui tourne à plein régime.

Alors on prend le sujet dans le bon sens. La vraie question n’est pas « qu’est-ce que j’ai le droit de manger ? » mais « qu’est-ce qui me donne de l’énergie et du plaisir ? ».

Élio t’explique

Ton corps, c’est le véhicule de tout ce que tu vis : les cours, les potes, le sport, les fous rires. On ne juge pas une voiture sur sa carrosserie — on lui met du carburant et on part à l’aventure.

Pourquoi on te dit « mange varié » ? Pas pour t’embêter. Chaque famille d’aliments apporte quelque chose de différent. Les féculents (pâtes, riz, pain, pommes de terre) te donnent le carburant des cours et de la récré. Les fruits et légumes apportent des vitamines. Les protéines (œufs, poisson, viande, lentilles) construisent tes muscles qui grandissent. Aucune de ces familles n’est « mauvaise ». Et un seul aliment ne décide de rien : c’est l’ensemble, sur plusieurs jours, qui compte.

Et il y a une chose que les vidéos qui font peur oublient toujours : le plaisir. Un gâteau d’anniversaire, une raclette en famille, une glace en été avec tes copains — tout ça fait partie de « bien manger ». Un repas mangé avec plaisir vaut toujours mieux qu’un repas « parfait » avalé la boule au ventre.

Ta journée a plusieurs moments pour recharger les batteries. Le matin, avant les cours : un petit-déjeuner qui te plaît, même tout simple (tartines, céréales, fruit), ça aide souvent à tenir jusqu’à midi. À midi, à la cantine : c’est toi qui composes ton plateau — alors autant varier un peu, sans te prendre la tête si un jour l’équilibre n’y est pas vraiment. Et en rentrant du collège, avoir faim au goûter, c’est normal à ton âge : ton corps a dépensé de l’énergie toute la journée. Un vrai goûter, ce n’est pas « craquer » : c’est recharger les batteries, comme le petit-déj et la cantine.

Figure

L’assiette qui te cale jusqu’au soir

  • Légumes et fruits50 %
  • Grains entiers (riz complet, pâtes complètes, pain complet…)25 %
  • Protéines (œufs, poisson, lentilles…)25 %
  • Légumes et fruits : 50
  • Grains entiers (riz complet, pâtes complètes, pain complet…) : 25
  • Protéines (œufs, poisson, lentilles…) : 25

Comment lire : Un repère tout simple, inspiré du Guide alimentaire canadien, pour une assiette qui donne de l’énergie — à la cantine comme à la maison : à peu près la moitié de légumes et de fruits, un quart d’aliments à grains entiers, un quart de protéines. C’est un repère, pas une règle à suivre au gramme près.

L’astuce d’Élio

Le piège à éviter : t’interdire complètement un aliment que tu adores. Plus tu te dis « jamais », plus tu y penses… et chez beaucoup de monde, ça finit par craquer. Un aliment autorisé, mangé tranquille, on y pense en général beaucoup moins.

Exemple — Nour et les bonbons « interdits »

Nour, en 5ᵉ, décide un lundi d’arrêter « complètement » les bonbons, après une vidéo vue sur son téléphone. Lundi, ça va. Mais mardi, elle y pense au goûter. Mercredi, elle y pense en plein cours. Et jeudi, seule à la maison, elle finit tout le paquet d’un coup, très vite — puis s’en veut toute la soirée.

Le problème, ce n’est sans doute pas qu’elle « manque de volonté ». C’est que, chez beaucoup de monde, s’interdire un truc le rend obsédant. La semaine d’après, elle essaie l’inverse : quelques bonbons au goûter, tranquille, assise. Résultat bizarre et logique à la fois — elle n’y pense plus du reste de la journée. Le bonbon est redevenu… un bonbon, pour elle. (Si les pensées sur un aliment restent très envahissantes même en s’autorisant à en manger, mieux vaut en parler à un adulte plutôt que de s’en vouloir.)

Quiz

Pourquoi s’interdire complètement un aliment qu’on adore finit-il souvent par un craquage ?

À retenir

  • Ton corps grandit à fond : manger, c’est lui donner du carburant, pas « faire attention ».
  • Aucun aliment n’est « bon » ou « mauvais » tout seul : c’est l’ensemble, sur plusieurs jours, qui compte.
  • Le plaisir et les repas partagés font partie de « bien manger ».
  • Petit-déj, cantine, goûter : des moments pour recharger les batteries, pas des tests à réussir.
  • S’interdire un aliment peut le rendre obsédant, chez beaucoup de monde : c’est un piège fréquent, pas une solution.

Les paquets te font de l’œil

Entre dans un supermarché et regarde bien : rien n’est là par hasard. Les paquets tout colorés, les mascottes rigolotes, les mots en gros « plein de vitamines ! »… tout est fait pour te donner envie. Ce n’est pas un complot, c’est de la pub — un métier dont le but est de vendre. Mais toi, tu as tout intérêt à savoir la lire, parce que le paquet raconte rarement ce qu’il y a vraiment dedans.

L’astuce d’Élio

Le réflexe qui change tout : retourne le paquet. Le devant attire l’œil et met en avant certains arguments — pas forcément faux, mais choisis pour te donner envie. Le dos — la liste des ingrédients — permet de vérifier. Trente secondes de lecture, et le vendeur perd son déguisement.

Apprenons à lire ce dos de paquet, une règle à la fois.

Règle numéro un, en principe une vraie règle obligatoire par la loi (avec de rares exceptions) : les ingrédients sont écrits du plus présent au moins présent. Donc si le sucre arrive en deuxième dans des céréales « pleines d’énergie », tu sais déjà beaucoup de choses sur ce que tu achètes vraiment.

Règle numéro deux, un simple repère cette fois — pas la même chose que la règle numéro un. Une liste courte, avec des mots que tu comprends (farine, œufs, lait, tomates), c’est en général un produit simple. Une liste longue comme le bras, pleine de mots bizarres qu’on ne trouve dans aucune cuisine, est un indice — pas une preuve — de produit très transformé. Attention : ce n’est qu’un repère, pas un verdict scientifique. Un nom compliqué n’est pas automatiquement mauvais pour la santé. À garder pour le plaisir, en le sachant.

Dernier réflexe : méfie-toi des petits mots du devant. « Goût fraise » veut souvent dire… sans la moindre fraise. « Allégé » veut juste dire « un peu moins que d’habitude » — ça peut rester très sucré. Ce ne sont pas des mensonges interdits. Mais ils peuvent être mis en avant pour te faire croire un peu plus que ce qu’ils disent.

Figure

Le réflexe étiquette, en 4 gestes

  1. Ne te fie pas au devant : couleurs, mascottes, grandes promesses, c’est de la pub
  2. Retourne le paquet et lis la liste des ingrédients
  3. Regarde l’ordre : en principe, ils sont écrits du plus présent au moins présent
  4. Repère, pas un verdict : liste courte et claire = plutôt simple ; liste longue et bizarre = indice de produit plutôt transformé

Comment lire : Quatre gestes, trente secondes : du devant plein de promesses à la vérité du dos.

Exemple — Bilal au rayon céréales

Bilal, en 5ᵉ, adore ses céréales au chocolat — celles avec la mascotte qui fait du skate et le gros bandeau « riche en vitamines ». Un samedi, en courses avec son père, il applique le réflexe étiquette. Au dos : le sucre arrive en deuxième dans la liste, juste après les céréales. Les fameuses vitamines, elles, sont tout à la fin — donc ajoutées en plus petite quantité que le sucre, sans que ça dise si cette quantité est vraiment utile : pour le savoir, il faudrait regarder le tableau des valeurs nutritionnelles, pas seulement la position dans la liste.

Bilal ne renonce pas à ses céréales — il aime ça, c’est son droit. Mais il change un peu la recette : un bol de flocons d’avoine tout simples, avec du lait, un peu de miel, et une poignée de ses céréales choco par-dessus pour le goût. Même plaisir, ça tient jusqu’à midi, et c’est lui qui a choisi — pas la mascotte en skate.

Élio te met en garde

Les mascottes rigolotes sur les paquets ne parlent pas à tes parents : elles te parlent à TOI, et c’est étudié depuis des années. Un paquet qui te fait de l’œil, c’est un vendeur — pas un copain.

Quiz

Sur un paquet, dans quel ordre les ingrédients sont-ils écrits ?

À toi de jouer — Enquête placard

Cette semaine, prends trois produits dans les placards de chez toi — par exemple un paquet de céréales, un goûter et une boisson. Pour chacun : note ce que promet le devant (les mots, la mascotte, les couleurs), puis retourne le paquet et lis la liste. À quel endroit arrive le sucre ? La liste est-elle courte ou longue comme le bras ? En une phrase : le devant disait-il la vérité ?

À retenir

  • Le devant du paquet, c’est de la pub ; le dos (la liste d’ingrédients), c’est la vérité.
  • Les ingrédients sont écrits, en principe, du plus présent au moins présent : c’est la loi, avec de rares exceptions.
  • Liste courte et claire = produit simple ; liste longue et bizarre = très transformé.
  • « Goût fraise », « allégé » : des petits mots faits pour te faire croire plus qu’ils ne disent.
  • Le but n’est jamais d’interdire : c’est de savoir ce que tu achètes, pour décider toi-même.

Bouger, c’est tout ce qui te fait plaisir

Quand on te dit « fais du sport », tu entends peut-être : club, licence, compétition, entraîneur qui crie. Bonne nouvelle : bouger, c’est bien plus large que ça. Danser dans ta chambre sur tes sons préférés, aller au collège à vélo, un panier au city-stade, une partie de cache-cache géante, promener le chien, nager l’été, monter les escaliers quatre à quatre. Tout ça compte. Vraiment.

Les spécialistes de la santé (l’Organisation mondiale de la santé) conseillent aux jeunes de ton âge de bouger à peu près une heure par jour, à condition que ça te fasse un peu souffler : le jeu qui court, les trajets actifs à pied ou à vélo, la danse énergique, la récré qui bouge… pas seulement le sport en club, mais pas non plus flâner tranquillement. Ils conseillent aussi, au moins trois fois par semaine, des activités qui font travailler tes muscles et tes os : courir, sauter, grimper, porter. Cette heure peut se découper en petits bouts dans la journée : dix minutes par-ci, un trajet par-là, et tu y es presque sans y avoir pensé.

Élio t’explique

Ton corps n’a pas besoin que tu sois « sportif ». Il a juste besoin que tu bouges. Personne ne te chronomètre, personne ne te note — et danser n’importe comment dans ta chambre, ça compte à cent pour cent.

Comment trouver ta façon de bouger ? En te posant deux ou trois questions toutes bêtes. Plutôt seul ou avec des copains ? Plutôt dehors ou dans ta chambre ? Avec de la musique ou dans le calme ? Il n’y a pas de bonne réponse — il y a la tienne, et elle peut changer avec les saisons.

Un mot pour ceux que l’EPS a fâchés avec le sport : être choisi en dernier, l’endurance sous la pluie devant tout le monde, les vestiaires… Si tu es passé par là, retiens ceci : c’est ce moment-là qui était nul, pas toi, et pas le mouvement. Plein de gens qui « détestaient le sport » au collège adorent, plus tard, danser, faire du vélo ou marcher en montagne — simplement parce que plus personne ne les regarde ni ne les note.

Et surtout : bouger, ce n’est pas une punition, et ce n’est pas non plus une façon de « rattraper » ce qu’on a mangé. On bouge parce que ça donne de l’énergie, ça aide à mieux dormir, et ça vide la tête après une journée chargée. Ton corps te le rend tout de suite.

Exemple — Awa « déteste le sport »

Awa, en 5ᵉ, le répète à qui veut l’entendre : elle déteste le sport. L’EPS, c’est son pire moment de la semaine. Pourtant, si on regarde sa semaine de près : elle danse presque tous les soirs dans sa chambre, une bonne demi-heure, en apprenant des chorés vues en ligne. Le samedi, elle marche jusqu’en ville retrouver ses copines. Le dimanche, elle défie son petit frère au badminton dans la cour.

Le jour où elle comprend que tout ça, c’est déjà bouger, quelque chose se débloque : elle ne « déteste pas le sport » — elle déteste courir sous la pluie en étant notée, ce qui se comprend. Elle bouge déjà plein, à sa façon, avec plaisir. Elle n’a rien changé à sa semaine : juste au regard qu’elle pose dessus.

Quiz

Laquelle de ces phrases sur le fait de bouger est vraie ?

À toi de jouer — La semaine découverte

Cette semaine, teste trois façons de bouger différentes, quinze à vingt minutes chacune : par exemple une choré dans ta chambre, un trajet habituel fait à pied ou à vélo, et un jeu qui bouge avec des copains (basket, badminton, cache-cache, ce que tu veux). Après chaque essai, donne-lui une note de plaisir sur dix. Celle qui a la meilleure note, c’est peut-être TA façon de bouger — garde-la la semaine prochaine.

L’astuce d’Élio

Le meilleur sport du monde, ce n’est ni la natation ni la course : c’est celui que tu auras envie de refaire la semaine prochaine sans te forcer. Le plaisir, ce n’est pas un bonus — c’est le moteur.

À retenir

  • Bouger, ce n’est pas seulement le sport de club : danse, marche, vélo, jeux — tout compte.
  • Les spécialistes (OMS) conseillent environ une heure de mouvement par jour à ton âge, qui te fait un peu souffler, plus des activités de renforcement musculaire et osseux au moins trois fois par semaine.
  • Bouger n’est jamais une punition, ni une façon de « rattraper » ce qu’on a mangé.
  • Si l’EPS t’a dégoûté, c’est le moment qui était nul — pas toi, pas le mouvement.
  • La meilleure activité, c’est celle qui te plaît : c’est elle que tu referas.

Ton corps change, les images mentent — et ton plan

Parlons de ce qui se passe dans le miroir. À ton âge, ton corps commence à beaucoup changer : la taille, la voix, les épaules, les hanches, la peau — tout bouge, et pas de façon régulière. Grandir d’un coup, changer de forme, prendre du poids : c’est normal, c’est comme ça qu’on fabrique un corps d’adulte, et ce n’est pas, en soi, un problème à corriger. Si un changement de poids est très rapide ou inattendu, ce n’est pas à toi de le régler seul : ça peut valoir le coup d’en parler à un médecin plutôt que de faire un régime tout seul.

Et chacun a son rythme. Dans une même classe de 5ᵉ, certains ont déjà beaucoup changé, d’autres presque pas encore. Te comparer à ton voisin, c’est comparer deux chantiers qui n’ont pas commencé en même temps : ça ne dit rien de ce que ça donnera à la fin.

Élio t’explique

Ton corps d’aujourd’hui, c’est une étape, pas la version finale. Le comparer à celui d’un autre — ou pire, à une photo retouchée — c’est comparer une maison en travaux à un dessin d’architecte. Ça n’a pas de sens.

Justement, parlons de ces photos « parfaites » que tu vois défiler sur un écran. Voilà comment elle est fabriquée, étape par étape. Une pose tenue une seconde, bien placée, ventre rentré. Un bon angle, choisi parmi cinquante essais. Une belle lumière. Des filtres, parfois ajoutés tout seuls par l’appli. Et des retouches à la main, pour lisser la peau ou affiner la taille. Résultat : la personne sur la photo a de bonnes chances de ne pas ressembler à sa photo au quotidien — même si on ne peut pas l’affirmer avec certitude pour une image précise.

Et toi, pendant ce temps, tu compares ta vraie vie — de face, en vraie lumière, en mouvement — à la meilleure seconde, peut-être retouchée, de quelqu’un d’autre. Le match est souvent truqué d’avance. Se désabonner d’un compte, ou zapper une vidéo qui te fait te sentir mal, ce n’est pas de la faiblesse : c’est prendre soin de toi.

Quiz

Tu tombes sur la photo d’une star au corps « parfait ». Que faut-il garder en tête ?

À toi de jouer — Le grand tri de ton fil

Si tu as un téléphone ou que tu regardes des vidéos, prends dix minutes cette semaine. Devant chaque compte ou chaîne, pose-toi une seule question : « Après avoir vu ça, je me sens plutôt bien, ou plutôt moins bien ? » Ceux qui te font te sentir moins bien (corps « parfaits », avant/après, gens qui te font douter de toi) : désabonne-toi ou masque-les, sans culpabiliser. Remplace-les par ce qui te fait du bien : humour, passions, musique, animaux, sport-plaisir.

Un dernier sujet, sérieux, et on va en parler tout doucement. Pour la plupart des gens, manger reste un plaisir. Mais parfois, chez certaines personnes — filles comme garçons —, manger arrête d’être un plaisir et devient une inquiétude presque tout le temps. Ça peut arriver petit à petit, sans qu’on s’en rende compte.

Quelques signes qui méritent d’en parler, pour toi ou pour un ami — surtout s’ils durent ou s’installent. Se sentir coupable ou angoissé presque à chaque fois qu’on mange. Ne plus oser manger devant les autres. Supprimer d’un coup des familles entières d’aliments. Penser à la nourriture ou à son corps une grande partie de la journée. Se peser sans arrêt.

D’autres signes sont sérieux même isolés, même une seule fois, et méritent d’en parler tout de suite à un adulte : un malaise, des vomissements provoqués, perdre du poids très vite, des idées noires.

Cette liste n’est pas un diagnostic — seul un médecin peut en poser un. Mais si un ou plusieurs de ces signes te parlent, retiens trois choses. Ce n’est pas ta faute, ce n’est pas un caprice. Ça se soigne, surtout quand on en parle tôt. Et tu n’as pas à gérer ça tout seul.

Et s’il y a urgence — un malaise, un truc qui t’inquiète vraiment dans ton corps là tout de suite — demande qu’on appelle le 15 (SAMU) ou le 112. Si des idées noires te traversent, il y a le 3114, un numéro gratuit, jour et nuit, pour en parler. Ce petit cours ne remplace pas un médecin : lui, ou l’infirmière du collège, peuvent vraiment t’aider. Et si c’est pour un ami que tu t’inquiètes, ne joue pas au médecin : dis-lui juste que tu as remarqué, que tu es là, et encourage-le à en parler à un adulte.

Élio te met en garde

Si manger est devenu une inquiétude de tous les jours, ce n’est pas « dans ta tête » et tu n’as rien fait de mal. En parler à un adulte de confiance — un parent, l’infirmière du collège, un médecin —, c’est le premier pas. Et si c’est trop dur à dire, tu peux appeler Fil Santé Jeunes au 0 800 235 236 : c’est gratuit, anonyme, et il y a de vraies personnes à qui parler.

Ta petite semaine, sans prise de tête

  • L’enquête placard. Trois produits : le devant contre le dos. Qui disait la vérité ?
  • Bouger plaisir. Quinze minutes de ce que tu veux : danse, vélo, panier au city-stade. Note le plaisir sur dix.
  • Le goûter posé. Un vrai goûter, assis, sans écran, en prenant le temps d’en profiter. C’est tout, et c’est déjà bien.
  • Le tri du fil. Dix minutes : enlève ce qui te fait te sentir mal, ajoute deux comptes ou chaînes qui te font du bien.
  • Bouger à deux. Propose à quelqu’un — copain, frère, sœur, parent — un jeu qui bouge : badminton, vélo, balade. Le social compte double.

À toi de jouer — Choisis ton premier jour

Regarde la petite semaine juste au-dessus et choisis UN seul défi — celui qui te donne le plus envie. Décide quel jour tu le fais, et note-le quelque part (agenda, téléphone, un mot sur ton bureau). Un seul, pour commencer. C’est comme ça qu’une habitude démarre : petit, mais pour de vrai.

Un dernier mot avant de te laisser. Ce cours ne t’a donné aucune règle à suivre, et c’est voulu : tu croiseras déjà bien assez de gens et de vidéos pour essayer de t’en imposer. Ce qu’il t’a donné, ce sont des lunettes — pour lire un paquet, regarder une photo « parfaite » et choisir ta façon de bouger — et de quoi décider par toi-même.

L’essentiel à garder : manger doit rester de l’énergie et du plaisir, bouger doit rester un plaisir, et ton corps est ton allié — pas un problème à régler. Et si un jour l’un des trois devient une inquiétude, pour toi ou pour quelqu’un que tu aimes, tu sais quoi faire : en parler à un adulte de confiance, à l’infirmière du collège ou à un médecin, ou appeler Fil Santé Jeunes au 0 800 235 236 — gratuit, anonyme. Demander de l’aide tôt, c’est ce que font les gens forts.

Élio te félicite

Cours terminé, bravo ! Tu sais maintenant que ton corps est un moteur qui grandit, que les paquets te font de l’œil, que bouger c’est tout ce qui te plaît, et que les photos « parfaites » sont truquées. Énergie, plaisir, autonomie : tu as les lunettes et les outils. Maintenant, à table — et en musique si tu veux. Je parie sur toi.

Continue ton élan

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