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Communication

Ton image en ligne : construire, pas subir

Recruteurs, écoles, maîtres de stage : il est devenu banal de taper un nom dans un moteur de recherche avant de dire oui. Ce cours t’apprend à voir ce qu’Internet raconte de toi, à régler tes comptes pour décider qui voit quoi, à utiliser tes droits (droit à l’image, droit à l’effacement), à publier sur les autres sans les trahir — et, si tu en as envie seulement, à construire une présence en ligne qui joue pour toi. Avec un plan précis si un jour une photo ou une rumeur circule.

Adapter à ton niveau

~50 min6 chapitresPour commencer

À la fin de ce cours, tu sauras

  • Comprendre pourquoi tout ce que tu postes laisse une trace, et qui peut la retrouver
  • Régler tes comptes en connaissance de cause : public, privé, qui voit quoi
  • Utiliser tes droits : droit à l’image, droit à l’effacement, recours auprès de la CNIL
  • Publier sur les autres sans leur nuire — et obtenir la même chose en retour
  • Savoir exactement quoi faire si une photo ou une rumeur circule sur toi (3018, signalements)

Sources de ce cours

Chaque publication laisse une trace

Commençons par une bonne nouvelle : ce cours ne va pas te dire de tout supprimer et de vivre dans une grotte. Internet fait partie de ta vie, c’est très bien comme ça. Mais il y a une réalité que peu de gens regardent en face : tu as déjà une image en ligne. Elle s’est construite au fil de tes publications, de tes commentaires, de tes pseudos, des photos où tes amis t’ont identifié — que tu l’aies décidé ou non.

Et cette image, des gens la consultent. Un responsable de supermarché qui reçoit ta candidature pour un job d’été. Un maître de stage. Une école qui étudie ton dossier. Un club qui hésite à te confier des enfants pour du baby-sitting. Taper le nom d’un candidat dans un moteur de recherche prend dix secondes et ne coûte rien : beaucoup le font, sans jamais te le dire. Ce qu’ils trouvent — ou ne trouvent pas — pèse parfois dans leur décision, sans que tu aies l’occasion de t’expliquer.

Ce réflexe existe, mais ce n’est pas un blanc-seing : en France, un employeur ne peut légalement fonder une décision que sur des informations en lien direct avec le poste ou tes aptitudes professionnelles, et la CNIL déconseille explicitement les « enquêtes de moralité » sur les comptes personnels. Qu’une information soit publique ne rend pas automatiquement son usage légitime. Ce que tu vas lire dans l’exemple qui suit décrit une pratique réelle, pas une pratique autorisée sans limite — raison de plus pour garder la main sur ce qui est visible.

D’où le titre de ce cours : ton image en ligne, tu peux la subir ou la construire. Subir, c’est laisser les autres et les algorithmes décider de ce qu’on trouve sur toi. Construire, c’est reprendre la main : savoir ce qui existe, régler ce qui doit l’être, et choisir ce que tu montres. C’est exactement ce qu’on va faire, chapitre par chapitre.

Pour reprendre la main, il faut d’abord comprendre une propriété étrange d’Internet : la trace. Dans la vie réelle, une phrase maladroite s’évapore ; en ligne, elle s’enregistre. Chaque publication, chaque commentaire, chaque like sur un compte public peut être retrouvé, parfois des années plus tard, par quelqu’un qui ne te connaît pas et qui n’a aucun contexte.

Tu penses peut-être : « Je supprimerai si besoin. » Le problème, c’est qu’une publication ne t’appartient plus vraiment dès qu’elle est vue. N’importe qui peut faire une capture d’écran en une seconde — y compris d’une story « éphémère » ou d’un message qui disparaît. Elle peut être repartagée, enregistrée, envoyée dans une conversation de groupe que tu ne verras jamais. Supprimer l’original n’efface pas les copies. C’est la règle la plus importante de ce cours, et elle tient en une phrase : avant de poster, demande-toi si tu assumerais que n’importe qui le voie, n’importe quand. Pas parce que c’est mal de s’exprimer — mais parce qu’en ligne, le bouton « publier » est bien plus puissant que le bouton « supprimer ».

Élio t’explique

Publier en ligne, c’est comme lâcher une plume dans le vent : tant qu’elle est dans ta main, tu décides. Une fois lâchée, tu peux courir après, mais c’est le vent qui choisit où elle va.

Figure

Ton contrôle sur un contenu, au fil de sa diffusion

  • Courbe conceptuelle : Ton contrôle sur ce contenu en fonction de Diffusion du contenu dans le temps. Avant de poster : contrôle maximal. Partages et captures d’écran. Supprimer n’efface plus les copies.

Comment lire : Courbe de principe, pas une mesure réelle : avant de publier, tu contrôles tout. Chaque partage, chaque capture d’écran fait baisser ce contrôle — jusqu’au point où supprimer l’original ne change presque plus rien.

Exemple — Enzo et le job d’été

Enzo, 17 ans, postule pour un job d’été dans un magasin de sport. CV correct, entretien qui se passe bien. Quelques jours plus tard, réponse négative, sans explication. Ce qu’Enzo ne sait pas : le gérant a tapé son nom sur Internet, comme il le fait pour tous les candidats. Premier résultat : un vieux compte public, ouvert en 5ᵉ, où Enzo enchaînait les commentaires insultants sous des vidéos de foot — des « clashs » qu’il trouvait drôles à l’époque, et qu’il avait complètement oubliés.

Enzo n’est pas quelqu’un de méchant. Mais le gérant, lui, ne connaît pas Enzo : il ne voit que la trace. Sans contexte, sans la voix, sans l’âge qu’il avait — juste des insultes associées à son nom. Le plus rageant ? Il aurait suffi de dix minutes, un soir, pour retrouver ce compte et le fermer. Ce que fait le gérant n’est d’ailleurs pas non plus totalement dans les clous : la loi ne l’autorise à retenir que des éléments liés au poste, pas d’anciennes bêtises trouvées en ligne. Mais dans la vraie vie, ce genre de vérification a lieu, difficile à prouver ou à contester après coup — mieux vaut avoir fait le ménage avant. C’est exactement l’exercice qui arrive.

Élio te met en garde

« Éphémère », en ligne, ça n’existe pas vraiment. Une story qui disparaît en 24 heures peut vivre pour toujours dans la capture d’écran de quelqu’un. Poste tes stories en le sachant.

Quiz

Pourquoi supprimer une publication ne suffit-il pas toujours à la faire disparaître ?

À retenir

  • Tu as déjà une image en ligne, construite avec ou sans toi — recruteurs, écoles et clubs peuvent la consulter en dix secondes, même s’ils n’ont pas toujours le droit d’en tenir compte.
  • Tout ce que tu postes, likes ou commentes en public laisse une trace datée, retrouvable des années plus tard.
  • Capture d’écran = copie hors de ton contrôle, même pour un contenu « éphémère ».
  • Le bouton « publier » est plus puissant que le bouton « supprimer » : la vraie décision se prend avant.

À toi de jouer — Google-toi (avant que quelqu’un d’autre le fasse)

Ce soir, ouvre une fenêtre de navigation privée (pour t’approcher de ce qu’un inconnu déconnecté verrait, sans tes comptes connectés — les résultats varient selon l’appareil, la localisation et le moment, donc c’est une approximation, pas une copie exacte) et cherche : ton prénom + ton nom, tes pseudos habituels, et ton nom + ta ville. Regarde aussi les images. Note trois choses : ce qui te plaît, ce qui te dérange, et les vieux comptes que tu avais oubliés. Garde cette liste : les chapitres suivants te donnent les outils pour agir dessus.

Vidéo recommandée · YouTube (nouvelle fenêtre)Big data : données, données, donnez-moi ! - #DATAGUEULE 15Data GueuleEn quelques minutes d’animation percutante, Data Gueule montre l’envers du décor : ce que deviennent les traces que nous laissons en ligne et pourquoi elles intéressent tant d’acteurs. De quoi comprendre que la trace n’est pas un détail technique, mais un enjeu.

Reprends la main sur tes réglages

Maintenant que tu sais ce qui traîne, passons aux commandes. Chaque réseau social a un centre de paramètres de confidentialité — et presque personne ne l’ouvre. C’est dommage, parce que c’est là que se joue la différence entre « je poste pour mes amis » et « je poste pour la Terre entière, les moteurs de recherche et le futur recruteur d’Enzo ».

Les noms des menus changent d’une application à l’autre, mais la logique est toujours la même, et elle tient en une question : qui voit quoi ? Un compte public peut être consulté par n’importe qui, sans même te suivre ; il est souvent référencé par les moteurs de recherche. Un compte privé n’est visible que par les personnes que tu as acceptées — c’est toi le videur à l’entrée (le pseudo, la photo de profil, la bio et parfois certains compteurs restent cependant souvent visibles de tous, même sur un compte privé). Entre les deux, la plupart des plateformes offrent des réglages fins : stories réservées à une liste d’« amis proches », commentaires filtrés, identifications (tags) à approuver avant qu’elles apparaissent sur ton profil, géolocalisation activée ou non.

Aucun réglage n’est « le bon » pour tout le monde. Un compte public se justifie très bien si tu montres tes dessins ou ton équipe de basket. Ce qui n’est jamais une bonne idée, c’est de ne pas savoir ce que tes comptes racontent — et à qui.

Les six réglages à vérifier sur chaque compte

  • Visibilité du compte : public ou privé ? Est-ce un choix, ou le réglage d’usine ?
  • Qui peut voir tes stories : tout le monde, tes abonnés, ou une liste d’amis proches ?
  • Qui peut te retrouver : ton profil apparaît-il quand on cherche ton vrai nom ou ton numéro ?
  • Identifications : les photos où l’on te tague s’affichent-elles sans ton accord ?
  • Géolocalisation : ta position en direct est-elle partagée (carte, stories) ? Et le fichier original de tes photos garde-t-il des coordonnées de prise de vue (métadonnées EXIF, souvent retirées par les plateformes mais pas toujours) ?
  • Qui peut t’écrire : messages privés ouverts à tous, ou seulement à tes contacts ?

L’astuce d’Élio

Le meilleur test : regarde ton profil avec les yeux d’un inconnu. Déconnecte-toi ou utilise la navigation privée, et ouvre ta propre page. Ce que tu vois là est une bonne approximation de ce que voit un inconnu — pas une copie exacte, car les résultats varient selon l’appareil, la localisation ou l’accès imposé par le service.

Exemple — Nolan et la carte qui en disait trop

Nolan, 15 ans, utilise Snapchat tous les jours. Un soir, une amie lui montre la Snap Map : « Tu sais que je peux voir que t’es chez toi, là ? Et hier t’étais au gymnase jusqu’à 21 h. » Nolan tombe des nues : quelques mois plus tôt, il avait activé le partage de sa position sur la carte et choisi « Mes amis », sans jamais revenir vérifier qui figurait encore dans cette liste. Or dans ses contacts, il y a ses copains… mais aussi des gens ajoutés une fois en colonie et jamais recroisés.

Cinq minutes dans les paramètres plus tard, Nolan active le « mode fantôme » : sa position n’est plus partagée. Rien de dramatique ne lui était arrivé — mais il venait de comprendre qu’un réglage activé un jour, puis oublié, peut se retourner contre lui des mois plus tard. Snap Map ne partage rien par défaut ; c’est justement parce que le réglage était resté actif sans être revérifié que le problème est arrivé.

Deuxième chantier : le tri. Tes réglages protègent ce que tu publies aujourd’hui, mais il reste le passé et les portes oubliées. Les vieux comptes, d’abord : ce blog de 6ᵉ, ce compte de jeu au pseudo douteux, ce profil créé pour un concours. Tant qu’ils existent, ils parlent en ton nom. Supprime ceux qui ne servent plus — la plupart des plateformes ont une procédure de suppression dans les paramètres, parfois cachée, mais qui doit normalement être proposée (elle peut être plus difficile à trouver, voire inaccessible sans tes identifiants, sur un service que tu as abandonné depuis longtemps).

Ensuite, ta liste d’abonnés, si ton compte est privé : un compte privé suivi par quatre cents personnes dont tu ne reconnais pas la moitié n’a de privé que le nom. Tu as le droit de retirer des abonnés, de refuser des demandes, de bloquer sans te justifier. Ce n’est pas de l’impolitesse, c’est de l’hygiène : dans la vraie vie non plus, tu ne laisses pas des inconnus feuilleter tes albums photo.

Enfin, pense aux autorisations des applications : certaines demandent l’accès à tes contacts, ta position, ton micro, alors qu’elles n’en ont pas besoin pour fonctionner. Les réglages de ton téléphone permettent de retirer ces accès application par application. Dix minutes de ménage, une fois par trimestre, et tu gardes la main.

Quiz

Quel est le meilleur premier réflexe pour reprendre la main sur un compte ?

À toi de jouer — L’audit des vingt minutes

Cette semaine, choisis tes deux applications les plus utilisées et passe dix minutes sur chacune : ouvre les paramètres de confidentialité et vérifie les six réglages de la liste ci-dessus (visibilité, stories, recherche, tags, géolocalisation, messages). Pour chaque réglage, décide en conscience — public ou privé, les deux se défendent, mais ce sera TON choix. Bonus : supprime un vieux compte repéré pendant l’exercice du chapitre 1.

Élio te félicite

Vingt minutes d’audit, et tu passes dans le petit groupe de ceux qui savent ce que leurs comptes racontent. Beaucoup d’adultes ne l’ont jamais fait. Vraiment.

Tes droits : image, données, effacement

On passe à un domaine que presque personne ne t’a expliqué : la loi est de ton côté. Ce que tu vis en ligne n’est pas une zone de non-droit où chacun ferait ce qu’il veut de ta photo ou de tes données. Tu as des droits précis, gratuits, utilisables sans avocat. Encore faut-il les connaître.

Premier pilier : le droit à l’image. En France, ton image t’appartient. Depuis la loi du 19 février 2024, le Code civil est clair : tes parents ont le devoir de protéger ensemble ton droit à l’image et doivent t’associer aux décisions qui le concernent, selon ton âge et ta maturité — ce n’est plus seulement « leur » accord qui compte, c’est aussi ta parole. Si on te reconnaît sur une photo ou une vidéo, sa diffusion nécessite en principe un accord — le tien, associé à celui de tes parents tant que tu es mineur. Concrètement : un camarade qui poste une photo de toi sans te demander, un club qui met ta photo sur son site sans accord, un compte qui republie ton visage… tout cela, tu peux en demander le retrait, et la loi t’appuie. Il existe des exceptions (une foule lors d’un événement public, l’actualité), mais le principe de base est simple : ton visage n’est pas un contenu libre de droits.

Deuxième pilier : tes données personnelles. En Europe, un règlement les protège : le RGPD (Règlement général sur la protection des données). Derrière ce sigle austère se cachent des super-pouvoirs très concrets : le droit de savoir ce qu’une plateforme sait de toi (droit d’accès), le droit de faire corriger une information fausse (droit de rectification), et surtout le droit de faire effacer des données (droit à l’effacement, parfois appelé « droit à l’oubli »). Point important pour toi : ce droit à l’effacement est renforcé lorsque les données ont été collectées quand tu étais mineur. Autrement dit, ce que tu as posté à 12 ans ne te condamne pas à vie.

Figure

Trois âges à connaître

  • Âge fréquent dans les CGU (à vérifier selon le service) : 13 ans
  • Consentir seul à certains traitements en ligne : 15 ans
  • Majorité légale : 18 ans

Comment lire : Ces nombres ne sont pas trois autorisations générales : les CGU varient selon le service, et le seuil de 15 ans ne vaut que dans un cas précis de consentement aux traitements de données en ligne.

Un mot sur ces âges, parce qu’on te les oppose souvent sans les expliquer. Le 13 ans apparaît dans les conditions d’utilisation de nombreuses plateformes, mais chaque service fixe ses règles : il faut vérifier ses CGU. Le seuil français de 15 ans a une portée plus précise qu’une autorisation générale d’utiliser Internet. Il permet à un mineur de consentir seul lorsque le service en ligne lui est directement offert et que le traitement de ses données repose juridiquement sur le consentement. En dessous de 15 ans, ce consentement doit être donné conjointement par le mineur et le titulaire de l’autorité parentale. D’autres traitements peuvent reposer sur une autre base légale, et la capacité à conclure un contrat obéit à d’autres règles.

La loi française du 7 juillet 2023 prévoit par ailleurs une autorisation parentale pour l’inscription d’un mineur de moins de 15 ans sur un réseau social. Mais son article 7 conditionne l’entrée en vigueur du dispositif à un décret pris après une réponse de la Commission européenne. On ne peut donc pas présenter cette obligation comme effectivement appliquée par toutes les plateformes sans vérifier d’abord la publication du décret prévu.

Maintenant, le mode d’emploi du droit à l’effacement, parce qu’un droit qu’on ne sait pas utiliser ne sert à rien. Étape 1 : tu écris au site ou à la plateforme (la plupart ont un formulaire « confidentialité », « vie privée » ou « signaler un contenu ») en demandant la suppression du contenu ou des données, en te présentant comme mineur — les plateformes savent que le droit est renforcé pour toi. Étape 2 : le responsable a en principe un mois pour te répondre. Étape 3 : sans réponse ou en cas de refus, tu peux déposer une plainte gratuite en ligne auprès de la CNIL (cnil.fr), l’autorité française qui fait respecter ces règles — un parent peut t’aider à la remplir. Il existe aussi le déréférencement : demander à un moteur de recherche (via son formulaire dédié) de ne plus afficher un résultat associé à ton nom. La demande peut être refusée, après mise en balance de ta vie privée et du droit à l’information — en cas de refus, tu peux saisir la CNIL. Si elle est acceptée, la page existe toujours quelque part sur le Web, mais elle ne remonte plus quand on te cherche — souvent, c’est l’essentiel.

Élio t’explique

Le RGPD, vois-le comme une télécommande sur tes données : un bouton « montre-moi » (accès), un bouton « corrige » (rectification) et un bouton « efface » (effacement). Et parce que tu es mineur, ton bouton « efface » appuie plus fort que celui des adultes.

Exemple — Chiara fait retirer une photo en deux e-mails

Chiara, 16 ans, découvre en se googlant (exercice du chapitre 1 !) une photo d’elle en maillot de bain, prise trois ans plus tôt lors d’une compétition de natation, publiée sur le site de son ancien club avec son nom complet en légende. Personne ne lui a jamais demandé son avis, et cette photo arrive en deuxième résultat quand on cherche son nom.

Elle en parle à sa mère, et ensemble elles écrivent au club : « Cette photo de Chiara a été publiée sans autorisation. Elle est mineure. Nous vous demandons de la retirer, ainsi que la mention de son nom complet, conformément à son droit à l’image et au RGPD. » Réponse du webmaster bénévole en trois jours : photo supprimée, excuses. Deux semaines plus tard, le résultat a disparu du moteur de recherche. Pas d’avocat, pas de conflit, pas un euro : juste un droit, exercé poliment mais fermement. Beaucoup de cas se règlent exactement comme ça.

Quiz

Un site refuse de retirer une photo de toi publiée quand tu avais 13 ans. Que peux-tu faire ?

Tes droits en résumé

  • Droit à l’image : tes parents doivent protéger ensemble ce droit et t’associer aux décisions selon ton âge et ta maturité — diffuser une photo où l’on te reconnaît demande en principe ton accord.
  • RGPD : droit d’accès, de rectification et d’effacement de tes données — effacement renforcé pour ce qui date de ta minorité.
  • Mode d’emploi : demande à la plateforme → réponse sous un mois → plainte gratuite à la CNIL si besoin.
  • Déréférencement : un formulaire pour qu’un résultat n’apparaisse plus quand on cherche ton nom.
  • Seuil de 15 ans : il permet de consentir seul seulement pour un traitement fondé sur le consentement dans un service en ligne directement offert au mineur ; en dessous, consentement conjoint du mineur et du parent.
Vidéo recommandée · YouTube (nouvelle fenêtre)C'est quoi le droit à l'image ? (EP. 592) - 1 jour, 1 question1 jour, 1 question · 1 min 42Une minute et demie pour poser les bases du droit à l’image, avec les mots justes et zéro jargon. Parfait pour vérifier que l’essentiel du chapitre est en place — et pour l’expliquer à quelqu’un d’autre.

Publier sur les autres : demande d’abord

Jusqu’ici, on a parlé de ton image. Retournons la caméra : les autres aussi ont une image, et chaque fois que tu postes une photo de groupe, une vidéo de vestiaire ou un screen d’une conversation, tu publies sur quelqu’un. Tout ce que tu as appris au chapitre précédent — le droit à l’image, l’autorisation, le retrait — vaut aussi dans ce sens-là. Ton meilleur ami a exactement les mêmes droits que toi sur son visage.

La règle est d’une simplicité désarmante : demande avant de poster. « Je peux mettre la photo de tout à l’heure en story ? » — cinq secondes, et tout change. La personne peut dire oui, dire non, ou dire « oui mais pas celle-là ». Ce n’est pas de la paperasse : c’est du respect, et c’est ce qui distingue une photo partagée d’une photo volée. Le tag, c’est pareil : identifier quelqu’un le rend visible à tout ton réseau, avec son nom. Sur une photo de soirée, dans un contexte moqueur, ce n’est pas un cadeau.

Et cette règle a un effet boomerang très agréable : le jour où tu la pratiques, tu deviens légitime pour l’exiger. Y compris… envers tes parents. Eh oui : si des photos de toi enfant traînent sur leurs comptes et te gênent aujourd’hui, tu as parfaitement le droit d’en parler et d’en demander le retrait. Ton image, c’est ton image, même quand c’est papa qui tient le téléphone.

Élio te met en garde

La photo « trop drôle » de quelqu’un d’autre, c’est le contenu le plus piégeux qui existe : drôle pour tout le monde… sauf pour la personne dessus. Si le rire se fait contre elle et sans elle, ce n’est plus de l’humour, c’est une humiliation avec des témoins.

Exemple — Louis, la vidéo du gymnase et les captures

En cours d’EPS, Timothée rate spectaculairement un saut et s’étale sur le tapis. Louis, 14 ans, filme la scène et la poste le soir même dans le groupe de la classe, avec des emojis morts de rire. En quelques heures, la vidéo sort du groupe : quelqu’un l’a transférée à d’autres classes, quelqu’un d’autre l’a repostée en story avec une légende moqueuse. Le lendemain, des élèves que Timothée ne connaît même pas l’imitent dans la cour.

Louis, sincèrement désolé, supprime la vidéo. Trop tard : elle ne lui appartient plus — des copies circulent, il ne saura jamais combien. Timothée, lui, n’a rien publié, rien choisi, et c’est pourtant lui qui encaisse. Un an plus tard, la vidéo ressort encore de temps en temps. Tout ça pour dix secondes de rire. La question que Louis ne s’est pas posée tient en quatre mots : « Et si c’était moi ? »

Il reste un point que trop de monde ignore, et qui change tout : relayer, c’est publier. Tu n’as pas pris la photo ? Tu n’as pas créé la rumeur ? Peu importe : si tu transfères, repostes ou repartages un contenu qui nuit à quelqu’un, tu participes à sa diffusion, et ta responsabilité est engagée — au collège comme devant la loi. « Je n’ai fait que partager » n’est pas une défense : c’est précisément le partage qui transforme une maladresse en harcèlement de masse.

La loi française est particulièrement sévère sur un cas précis : la diffusion d’images intimes d’une personne sans son accord. Entre adultes, c’est un délit puni notamment de peines pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et 60 000 € d’amende (article 226-2-1 du Code pénal) — et transférer l’image « juste à un pote » relève de la même logique que la poster publiquement. Quand l’image ou la vidéo à caractère pornographique représente un mineur, c’est une infraction bien plus sévère qui s’applique (article 227-23 : jusqu’à 5 à 7 ans de prison et 75 000 à 100 000 € d’amende selon les circonstances, notamment en cas de diffusion au public). Si l’auteur est lui-même mineur, la justice pénale des mineurs adapte sa réponse — mais l’acte reste grave et sanctionné. Si une telle image arrive dans une de tes conversations, la seule bonne action tient en trois gestes : ne pas la partager, dire à celui qui l’envoie que c’est grave, et prévenir la personne concernée ou un adulte. Le silence protège le diffuseur ; ta réaction protège la victime.

Et les rumeurs suivent la même mécanique : chaque « t’as vu ce qu’on dit sur… » relayé lui donne de la force. Couper la chaîne, c’est déjà agir.

Quiz

On t’envoie une photo gênante d’un élève de ta classe et tu la transfères à un seul ami. Qui a « diffusé » la photo ?

À toi de jouer — La question qui change tout

Cette semaine, avant chaque publication où quelqu’un d’autre apparaît (photo, vidéo, tag, screen de conversation), pose la question à voix haute ou par message : « Ça te va si je poste ça ? » Compte combien de fois la réponse te surprend — un « non » ou un « pas celle-là » là où tu attendais un oui. Puis dis à tes trois amis les plus proches que tu aimerais qu’ils te posent la même question. Tu viens de créer une règle de groupe.

L’astuce d’Élio

Le test des quatre mots avant de poster sur quelqu’un : « Et si c’était moi ? » Si la réponse te pique, tu as ta réponse.

Exister en ligne, à ta façon (ou pas du tout)

Jusqu’ici, on a surtout parlé défense : régler, protéger, retirer. Passons à l’attaque — mais avec une précision essentielle d’abord : tu n’as aucune obligation d’exister en ligne. Personne ne te doit un compte actif, une story par jour ou un personnage public. Un profil discret, voire pas de profil du tout, n’est ni bizarre ni suspect : c’est un choix parfaitement légitime, que beaucoup de gens brillants font. Si on te cherche et qu’on ne trouve presque rien, on trouve… quelqu’un de discret. Ce n’est pas un défaut.

Mais si tu en as envie, une présence en ligne choisie peut devenir un vrai atout. L’idée n’est pas de « te vendre » ni de jouer un rôle : c’est de laisser une trace volontaire, qui montre ce que tu fais et ce que tu aimes. Un compte où tu postes tes dessins. Une chaîne où tu expliques tes montages électro. Un blog sur tes lectures. Un dépôt de code, un carnet de rando, les matchs de ton équipe. Le jour où un recruteur, un club ou une école tape ton nom, il tombe sur quelque chose que TU as construit — et cette trace-là raconte exactement l’histoire que tu as choisie de raconter.

Élio t’explique

Pense « vitrine » et « jardin ». Le jardin, c’est ta vie privée : réservé à ceux que tu invites. La vitrine, c’est ce que tu choisis d’exposer au public. Le problème n’est jamais d’avoir une vitrine — c’est d’y laisser traîner son jardin.

Quelques principes si tu te lances. Sépare les espaces : un compte public pour ta passion, un compte privé pour tes amis — deux publics différents, deux contenus différents. Beaucoup de créateurs fonctionnent ainsi, et ça évite le grand écart permanent. Choisis ton niveau d’exposition : tu peux publier sous ton vrai nom (utile si le but est d’être trouvé, pour un portfolio par exemple) ou sous pseudonyme (parfait pour progresser tranquille) — les deux se défendent, et tu pourras toujours relier ton pseudo à ton nom plus tard, l’inverse est bien plus dur. Montre le travail, pas ta vie : ce qui intéresse une école d’art, c’est tes dessins et tes progrès, pas ta chambre ni tes vacances. Vise la régularité douce : un contenu par mois pendant un an impressionne plus qu’une rafale de dix posts suivie d’un silence de deux ans.

Dernier point : la cohérence. Relis de temps en temps ton espace public en te demandant : « Qu’est-ce que ça raconte de moi à quelqu’un qui ne me connaît pas ? » Si la réponse te plaît, tu tiens le bon fil. Et à partir de 16 ans, tu pourras aussi ouvrir un profil sur les réseaux professionnels comme LinkedIn — utile pour un stage ou une alternance, mais rien ne presse.

Exemple — Fatou, un compte dessin et un dossier qui sort du lot

Fatou, 16 ans, dessine depuis le collège. En seconde, elle ouvre un compte dédié — pseudo, pas de visage, pas de vie perso : uniquement ses planches, ses croquis ratés, ses progrès. Elle poste quand elle a quelque chose à montrer, parfois trois fois par mois, parfois rien pendant six semaines. Son compte perso, lui, reste privé, pour ses copines.

Deux ans plus tard, elle monte son dossier pour une école d’animation. Dans la rubrique « travaux personnels », elle glisse le lien de son compte : deux ans de progression visible, des essais, des influences, des reprises. Lors de l’entretien, l’examinatrice lui dit qu’elle a regardé le compte « et que c’est exactement ce genre de trajectoire qu’on aime voir ». Fatou n’a jamais « fait sa promo » : elle a juste laissé une trace volontaire, au rythme qui était le sien. C’est toute la différence entre subir son image et la construire.

Si tu construis une présence, les règles d’or

  • C’est optionnel : ne rien montrer est un choix aussi respectable que montrer.
  • Sépare vitrine (public, ta passion) et jardin (privé, tes proches).
  • Pseudo ou vrai nom : décide selon ton objectif — être trouvé, ou progresser tranquille.
  • Montre ce que tu fais, pas ta vie privée : le travail suffit.
  • Régularité douce plutôt que rafales : la constance impressionne plus que le volume.

Quiz

Qu’est-ce qu’une présence en ligne « positive », au sens de ce cours ?

À toi de jouer — Ton inventaire, puis une décision

Prends dix minutes et réponds par écrit à trois questions. 1) Qu’est-ce que je fais dont je suis un peu fier (sport, création, projet, asso, jeu maîtrisé…) ? 2) Est-ce que j’aurais envie d’en garder une trace publique — oui, non, plus tard ? 3) Si oui, sous quelle forme minimale (un compte dédié, un dossier de photos, une page) ? Puis fais UNE action : crée l’espace… ou décide en conscience de ne pas le faire. Les deux sont des victoires.

Élio te félicite

Que tu choisisses la vitrine ou la discrétion, tu viens de faire un truc rare : décider toi-même de ce qu’Internet racontera de toi. C’est exactement ça, construire au lieu de subir.

Si ça dérape : ton plan d’action

Dernier chapitre, le plus important peut-être : que faire si, malgré tout, ça dérape ? Une photo qui circule sans ton accord, une rumeur qui enfle, un compte qui se moque de toi, une story humiliante… Première chose à imprimer, avant toute technique : ce n’est pas ta faute. Même si la photo vient de toi, même si tu l’avais envoyée à quelqu’un en qui tu avais confiance : la faute est chez celui qui diffuse, pas chez celui qui subit. La honte doit changer de camp — et pendant ce temps, toi, tu appliques un plan.

Ce plan tient en cinq gestes, dans l’ordre. Il est fait pour être suivi même (surtout) quand la panique monte : c’est exactement dans ces moments-là qu’un plan écrit à l’avance vaut de l’or.

Figure

Un contenu circule sur toi : les cinq gestes, dans l’ordre

  1. Ne réponds pas à chaud : une réaction publique peut relancer la diffusion
  2. Garde des preuves : captures d’écran avec les pseudos, les dates, les liens
  3. Bloque les comptes en cause et signale le contenu sur la plateforme
  4. Parle-en à un adulte de confiance et contacte le 3018 (gratuit, confidentiel)
  5. Si le contenu semble illicite : signalement PHAROS ; sinon, adulte, établissement ou police selon la situation

Comment lire : Suis ces étapes pour un contenu qui circule : d’abord préserver (ton calme, les preuves), ensuite couper (bloquer, signaler), puis chercher de l’aide. Mais si on te menace ou qu’on te fait chanter (extorsion), inverse l’ordre : alerte d’abord un adulte de confiance et appelle le 17 ou le 112 — PHAROS n’est pas un service d’urgence.

Détaillons les maillons clés. Les preuves d’abord : avant de bloquer ou de faire supprimer quoi que ce soit, capture. L’écran, le pseudo, la date, l’URL si possible. Ça semble contre-intuitif — on a envie que ça disparaisse tout de suite — mais les captures aident vraiment la plateforme, le collège et la police à agir plus vite ; elles ne sont pas un préalable obligatoire, tu peux être écouté, signaler ou porter plainte même sans preuve constituée. Capture si tu peux, puis fais supprimer.

Le signalement sur la plateforme ensuite : chaque réseau a un bouton « signaler » sur les publications, les comptes et les messages. Utilise-le toi-même : chez les grandes plateformes, le nombre de signalements ne détermine pas le retrait d’un contenu — inutile de mobiliser tes amis, garde plutôt tes preuves et parles-en à un adulte. Le 3018, maintenant — retiens ce numéro comme tu retiens le 15 ou le 17 : c’est le numéro national contre les violences numériques faites aux jeunes. Gratuit, confidentiel, ouvert 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h, par téléphone, par tchat sur 3018.fr ou via l’application 3018. Au bout du fil : des professionnels (psychologues, juristes) qui t’écoutent sans te juger — et qui ont un vrai pouvoir : leurs accords avec les plateformes permettent de faire retirer des contenus bien plus vite qu’un signalement classique. PHAROS, enfin (internet-signalement.gouv.fr) : le portail officiel de la police pour signaler les contenus illégaux. Et si les faits sont graves — menaces, diffusion d’images intimes, harcèlement — un dépôt de plainte est possible : tes captures d’écran serviront exactement à ça.

Un mot sur l’école : si les auteurs sont des élèves, ton établissement a l’obligation d’agir, même quand tout s’est passé en ligne et hors les murs. CPE, prof principal, infirmière : choisis l’adulte avec qui ça passe le mieux, et viens avec tes captures.

Élio te met en garde

Si quelqu’un te menace de diffuser une image de toi pour t’extorquer quoi que ce soit — argent, autres photos —, ne paie jamais, ne négocie jamais, et parles-en immédiatement : 3018, adulte, police. Ce chantage est un délit connu, et on t’explique tout le piège dans le cours « Déjouer les arnaques en ligne ».

Exemple — Salomé face à la rumeur

Un dimanche soir, Salomé, 15 ans, découvre qu’un compte anonyme diffuse une photo d’elle détournée avec une légende humiliante, et que la moitié de sa classe l’a vue. Première impulsion : commenter pour se défendre, supplier qu’on supprime. Elle se retient — elle a lu quelque part que répondre relance la machine.

À la place, elle applique le plan. Captures d’écran du compte, de la photo, des partages, avec les pseudos. Blocage, signalement — elle le fait elle-même, sans recruter ses amies pour signaler en masse. Lundi matin, elle montre tout à sa mère, puis à la CPE, captures à l’appui. Le soir, elle contacte le tchat du 3018 : la juriste lui confirme ses droits, et le contenu est retiré dans les jours qui suivent grâce au signalement prioritaire. Le compte anonyme, privé de sa photo et sans plus personne pour relayer ses publications, s’essouffle. Ce qui a protégé Salomé, ce n’est pas la chance : c’est d’avoir su, avant la crise, exactement quoi faire dans quel ordre.

Quiz

Une photo de toi circule sans ton accord. Quel est le bon premier réflexe technique ?

Ton plan d’action, à lancer cette semaine

  • Aujourd’hui — Enregistre le 3018 dans tes contacts et note : tchat sur 3018.fr, appli 3018, 7 j/7 de 9 h à 23 h.
  • Cette semaine — Fais l’exercice du chapitre 1 (te googler en navigation privée) et l’audit des vingt minutes du chapitre 2.
  • Cette semaine — Repère un contenu à faire retirer ? Applique le chapitre 3 : demande à la plateforme, un mois, puis CNIL.
  • En continu — Demande avant de poster quelqu’un, refuse de relayer ce qui blesse, et propose la règle à tes amis.
  • Si tu en as envie — Lance (ou décide de ne pas lancer) ta trace volontaire du chapitre 5.
  • Si ça dérape — Les cinq gestes dans l’ordre : calme, preuves, blocage-signalement, adulte + 3018, PHAROS/plainte.

À toi de jouer — Ta fiche réflexe (dix minutes, une bonne fois pour toutes)

Crée une note dans ton téléphone intitulée « Si ça dérape » et recopie les cinq gestes du plan avec les contacts : 3018 (téléphone, 3018.fr, appli), internet-signalement.gouv.fr, cnil.fr, et le nom de ton adulte de confiance au collège ou lycée. Partage cette note à un ami : si un jour l’un de vous est visé, l’autre saura exactement quoi faire. Une crise se gère mille fois mieux avec un plan écrit à froid.

Élio te félicite

Tu sais maintenant voir ta trace, la régler, faire valoir tes droits, respecter ceux des autres et réagir si ça dérape. Ton image en ligne vient officiellement de changer de mains : elle est dans les tiennes. Prends-en soin — et n’oublie pas de vivre aussi hors écran.

Vidéo recommandée · YouTube (nouvelle fenêtre)Konbini - Comment se sortir du cyberharcèlement avec le 3018Association e-EnfanceOn y entre dans les coulisses du 3018 avec un écoutant qui explique concrètement comment un contenu se fait retirer et comment une victime est accompagnée. Voir que de vraies personnes décrochent rend le réflexe « j’appelle » beaucoup plus naturel.

Continue ton élan

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Le passager clandestin, le chef autoproclamé, le « je croyais que tu t’en occupais »… Les travaux de groupe ratent toujours pour les mêmes raisons. Voici comment les éviter.