Aller au contenu
Élan
Rejoindre la liste
← Tous les cours

Communication

Ton image en ligne : construire, pas subir

Recruteurs, écoles, maîtres de stage : il est devenu banal de taper un nom dans un moteur de recherche avant de dire oui. Ce cours t’apprend à voir ce qu’Internet raconte de toi, à régler tes comptes pour décider qui voit quoi, à utiliser tes droits (droit à l’image, droit à l’effacement), à publier sur les autres sans les trahir — et, si tu en as envie seulement, à construire une présence en ligne qui joue pour toi. Avec un plan précis si un jour une photo ou une rumeur circule.

Adapter à ton niveau

~25 min5 chapitresNiveau 4e

À la fin de ce cours, tu sauras

  • comprendre que tout ce que tu postes laisse une trace qu’on peut retrouver plus tard
  • régler tes comptes pour choisir qui voit quoi
  • demander avant de poster sur les autres, et refuser de relayer ce qui blesse
  • savoir exactement quoi faire si une photo ou une rumeur circule sur toi (le 3018)

Sources de ce cours

Ta trace, elle existe déjà

Bonne nouvelle pour commencer : ce cours ne va pas te dire de tout supprimer et de ranger ton téléphone dans un tiroir. Internet fait partie de ta vie, et c’est très bien. Mais il y a une réalité que peu de gens regardent en face : tu as déjà une image en ligne. Elle s’est construite au fil de tes posts, de tes commentaires, de tes pseudos, des photos où des potes t’ont identifié — que tu l’aies décidé ou non.

Et cette image, des gens la regardent. Pas seulement tes amis : un jour, pour un stage de 3e, un club de sport, un séjour… il arrive qu’on tape ton nom dans un moteur de recherche. Ça prend dix secondes. Ce qu’on trouve — ou pas — pèse parfois dans la manière dont on te voit, sans que tu sois là pour t’expliquer.

Mais attention, ce n’est pas non plus une porte ouverte à tout : la loi limite ce qu’on a le droit d’utiliser contre toi selon la situation. Une vieille bêtise en ligne ne devrait jamais servir de base à une décision — même si, dans les faits, ça arrive. Raison de plus pour garder la main sur ce qui est visible.

D’où le titre du cours : ton image en ligne, tu peux la subir ou la construire. Subir, c’est laisser les autres et les algorithmes décider de ce qu’on trouve sur toi. Construire, c’est reprendre la main. C’est exactement ce qu’on va faire.

Pour reprendre la main, il faut comprendre une chose bizarre à propos d’Internet : la trace. Dans la vraie vie, une phrase maladroite s’évapore dans l’air. En ligne, elle s’enregistre. Chaque post, chaque commentaire, chaque like sur un compte public peut être retrouvé, parfois des années plus tard, par quelqu’un qui ne te connaît pas.

Tu te dis peut-être : « Je supprimerai si besoin. » Le souci, c’est qu’une publication ne t’appartient plus vraiment dès qu’elle est vue. N’importe qui peut faire une capture d’écran en une seconde — même d’une story « éphémère » censée disparaître. Cette capture peut être renvoyée dans une conversation que tu ne verras jamais. Supprimer l’original n’efface pas les copies. La règle numéro un du cours tient en une phrase : avant de poster, demande-toi si tu assumerais que n’importe qui le voie, n’importe quand.

Élio t’explique

Publier, c’est comme lâcher une plume dans le vent : tant qu’elle est dans ta main, tu décides. Une fois lâchée, tu peux courir après, mais c’est le vent qui choisit où elle va.

Figure

Ton contrôle sur un contenu, au fil de sa diffusion

  • Courbe conceptuelle : Ton contrôle sur ce contenu en fonction de La diffusion du contenu, dans le temps. Avant de poster : tu décides de tout. Partages et captures d’écran. Supprimer ne change presque plus rien.

Comment lire : Courbe de principe, pas une mesure réelle : avant de poster, tu contrôles tout. Chaque partage, chaque capture d’écran fait baisser ce contrôle — jusqu’au moment où supprimer l’original ne change presque plus rien.

Exemple — Le vieux compte de Nathan

Nathan, 13 ans, avait ouvert un compte en 6e pour faire le malin : il enchaînait les commentaires méchants sous des vidéos, des « clashs » qu’il trouvait drôles à l’époque. Puis il l’a complètement oublié.

En 4e, quelqu’un de sa classe retrouve ce compte — le pseudo, c’était son prénom. Captures d’écran, et ça tourne dans le groupe de la classe. Nathan est super gêné : ce n’est plus lui, ça, aujourd’hui. Mais les autres ne voient que la trace, sans le contexte, sans l’âge qu’il avait.

Le plus rageant ? Il aurait suffi de dix minutes, un soir, pour retrouver ce compte et le fermer. C’est justement l’exercice qui arrive à la fin du chapitre.

Élio te met en garde

« Éphémère », en ligne, ça n’existe pas vraiment. Une story qui disparaît en 24 heures peut vivre pour toujours dans la capture d’écran de quelqu’un. Poste tes stories en le sachant.

Quiz

Pourquoi supprimer une publication ne suffit-il pas toujours à la faire disparaître ?

À retenir

  • Tu as déjà une image en ligne, construite avec ou sans toi, et on peut la retrouver en dix secondes.
  • Tout ce que tu postes, likes ou commentes en public laisse une trace datée, retrouvable des années plus tard.
  • Capture d’écran = copie hors de ton contrôle, même pour un contenu « éphémère ».
  • Le bouton « publier » est plus puissant que le bouton « supprimer » : décide avant.

À toi de jouer — Cherche-toi (avant que quelqu’un d’autre le fasse)

Ce soir, ouvre une fenêtre de navigation privée (pour t’approcher de ce qu’un inconnu déconnecté verrait, sans tes comptes connectés — les résultats varient un peu selon l’appareil ou le moment) et cherche : ton prénom + ton nom, puis tes pseudos habituels. Regarde aussi les images. Note trois choses : ce qui te plaît, ce qui te dérange, et les vieux comptes que tu avais oubliés. Garde cette liste : les chapitres suivants te donnent les outils pour agir dessus.

Qui voit quoi ? Reprends tes réglages

Maintenant que tu sais ce qui traîne, passons aux commandes. Chaque réseau a un menu de confidentialité — et presque personne ne l’ouvre. C’est dommage, parce que c’est là que se joue la différence entre « je poste pour mes amis » et « je poste pour la Terre entière ».

Les noms des menus changent d’une appli à l’autre, mais la question est toujours la même : qui voit quoi ? Un compte public peut être vu par n’importe qui, même sans te suivre. Un compte privé n’est visible que par les personnes que tu as acceptées — c’est toi le videur à l’entrée (le pseudo, la photo de profil et parfois certains compteurs restent cependant souvent visibles de tous, même en privé). Entre les deux, tu peux souvent régler des détails : stories réservées à une liste d’amis proches, identifications (tags) à approuver avant qu’elles apparaissent, partage de ta position activé ou non.

Les réglages à vérifier sur chaque compte

  • Visibilité : ton compte est public ou privé ? Est-ce un choix, ou juste le réglage d’usine ?
  • Stories : qui peut les voir — tout le monde, tes abonnés, ou une liste d’amis proches ?
  • Recherche : est-ce qu’on te retrouve en tapant ton vrai nom ou ton numéro ?
  • Tags : les photos où l’on t’identifie s’affichent-elles sans ton accord ?
  • Position : ta localisation est-elle partagée en direct (carte, stories) ?
  • Messages : qui peut t’écrire — tout le monde, ou seulement tes contacts ?

L’astuce d’Élio

Le meilleur test : regarde ton profil avec les yeux d’un inconnu. Déconnecte-toi, ou ouvre ta page en navigation privée. Ce que tu vois là est une bonne approximation de ce que voit le monde entier — pas une copie exacte, les résultats variant selon l’appareil ou la localisation.

Exemple — Nolan et la carte qui en disait trop

Nolan, 14 ans, utilise Snapchat tous les jours. Un soir, une amie lui montre la Snap Map : « Tu sais que je peux voir que t’es chez toi, là ? Et hier t’étais au gymnase jusqu’à 21 h. » Nolan tombe des nues : quelques mois plus tôt, il avait activé le partage de sa position sur la carte et choisi « Mes amis », sans jamais revenir vérifier qui figurait encore dans cette liste. Or dans ses contacts, il y a ses copains… mais aussi des gens ajoutés une fois en colo et jamais recroisés.

Cinq minutes dans les paramètres plus tard, il active le « mode fantôme » : sa position n’est plus partagée. Rien de grave ne lui était arrivé — mais il venait de comprendre qu’un réglage activé puis oublié peut se retourner contre lui des mois plus tard.

Deuxième chantier : le ménage. Tes réglages protègent ce que tu publies aujourd’hui, mais il reste le passé. Les vieux comptes d’abord : ce blog de 6e, ce compte de jeu au pseudo bizarre. Tant qu’ils existent, ils parlent en ton nom — supprime ceux qui ne servent plus.

Ensuite, ta liste d’abonnés : un compte « privé » suivi par des dizaines de gens dont tu ne reconnais pas la moitié n’a de privé que le nom. Tu as le droit de retirer des abonnés et de bloquer sans te justifier. Ce n’est pas de l’impolitesse, c’est de l’hygiène. Enfin, jette un œil aux autorisations des applis dans les réglages de ton téléphone : certaines demandent l’accès à ta position, ton micro ou tes contacts alors qu’elles n’en ont pas besoin.

Quiz

Quel est le meilleur premier réflexe pour reprendre la main sur un compte ?

À toi de jouer — L’audit des vingt minutes

Cette semaine, choisis tes deux applis les plus utilisées et passe dix minutes sur chacune : ouvre les paramètres de confidentialité et vérifie les six réglages de la liste ci-dessus. Pour chacun, décide en conscience — public ou privé, les deux peuvent se défendre, mais ce sera TON choix. Bonus : supprime un vieux compte repéré dans l’exercice du chapitre 1.

Élio te félicite

Vingt minutes d’audit, et tu rejoins le petit groupe de ceux qui savent ce que leurs comptes racontent. Beaucoup d’adultes ne l’ont jamais fait. Vraiment.

Ton visage t’appartient — et celui des autres aussi

Jusqu’ici, on a parlé de ton image. Retournons la caméra : les autres aussi ont une image. Chaque fois que tu postes une photo de groupe, une vidéo prise au gymnase ou une capture d’une conversation, tu publies sur quelqu’un.

En France, il existe le droit à l’image : si on te reconnaît sur une photo ou une vidéo, la diffuser demande en principe un accord. Depuis la loi du 19 février 2024, le Code civil dit clairement que tes parents doivent protéger ensemble ton droit à l’image et t’associer aux décisions selon ton âge et ta maturité — ce n’est plus seulement « leur » accord qui compte, c’est aussi ta parole. Ton meilleur ami a exactement les mêmes droits sur son visage. La règle qui découle de tout ça est d’une simplicité désarmante : demande avant de poster. « Je peux mettre la photo de tout à l’heure en story ? » — cinq secondes, et tout change. La personne peut dire oui, non, ou « oui mais pas celle-là ». Ce n’est pas de la paperasse : c’est ce qui distingue une photo partagée d’une photo volée.

Élio te met en garde

La photo « trop drôle » de quelqu’un d’autre, c’est le contenu le plus piégeux qui existe : drôle pour tout le monde… sauf pour la personne dessus. Si le rire se fait contre elle et sans elle, ce n’est plus de l’humour, c’est une humiliation avec des témoins.

Exemple — Louis, la vidéo du gymnase et les captures

En cours d’EPS, Timothée rate spectaculairement un saut et s’étale sur le tapis. Louis, 14 ans, filme la scène et la poste le soir même dans le groupe de la classe, avec des emojis morts de rire. En quelques heures, la vidéo sort du groupe : quelqu’un l’a transférée à d’autres classes, un autre l’a repostée en story avec une légende moqueuse.

Le lendemain, des élèves que Timothée ne connaît même pas l’imitent dans la cour. Louis, sincèrement désolé, supprime la vidéo. Trop tard : elle ne lui appartient plus, des copies circulent. Timothée, lui, n’a rien publié, rien choisi, et c’est pourtant lui qui encaisse. La question que Louis ne s’est pas posée tient en quatre mots : « Et si c’était moi ? »

Il reste un point que trop de monde ignore : relayer, c’est publier. Tu n’as pas pris la photo ? Tu n’as pas lancé la rumeur ? Peu importe : si tu transfères, repostes ou repartages un contenu qui nuit à quelqu’un, tu participes à sa diffusion, et ta responsabilité est engagée — au collège comme devant la loi. « Je n’ai fait que partager » n’est pas une excuse : c’est justement le partage qui transforme une maladresse en harcèlement de masse.

Un cas est particulièrement grave : diffuser une image intime de quelqu’un sans son accord. C’est un délit puni par la loi, et transférer l’image « juste à un pote » relève de la même logique que la poster en public. Si une telle image arrive dans une de tes conversations, la seule bonne réaction tient en trois gestes : ne pas la partager, dire à celui qui l’envoie que c’est grave, prévenir la personne concernée ou un adulte.

L’astuce d’Élio

Le test des quatre mots, avant de poster sur quelqu’un : « Et si c’était moi ? » Si la réponse te pique un peu, tu as ta réponse.

Quiz

On t’envoie une photo gênante d’un élève de ta classe et tu la transfères à un seul ami. Qui a « diffusé » la photo ?

À toi de jouer — La question qui change tout

Cette semaine, avant chaque publication où quelqu’un d’autre apparaît (photo, vidéo, tag, capture de conversation), pose la question à voix haute ou par message : « Ça te va si je poste ça ? » Compte combien de fois la réponse te surprend. Puis dis à tes trois amis les plus proches que tu aimerais qu’ils te posent la même question. Tu viens de créer une règle de groupe.

À retenir

  • Droit à l’image : tes parents doivent protéger ensemble ce droit et t’associer aux décisions selon ton âge et ta maturité — diffuser une photo où l’on te reconnaît demande en principe ton accord.
  • La règle simple : demande avant de poster quelqu’un. Le tag aussi rend la personne visible à tout ton réseau.
  • Relayer, c’est publier : transférer un contenu qui blesse engage ta responsabilité.
  • Diffuser une image intime de quelqu’un sans son accord est un délit : ne partage pas, dis que c’est grave, préviens un adulte.
  • Si quelqu’un refuse de retirer une photo de toi, tu peux le demander (avec un parent) ; en dernier recours, la CNIL fait respecter tes droits sur tes données, gratuitement.

Exister en ligne à ta façon — ou pas du tout

Jusqu’ici, on a surtout parlé défense : régler, protéger, retirer. Passons à l’attaque — mais avec une précision importante d’abord : tu n’as aucune obligation d’exister en ligne. Personne ne te doit un compte actif, une story par jour ou un personnage public. Un profil discret, voire pas de profil du tout, ce n’est ni bizarre ni suspect : c’est un choix parfaitement légitime. Si on te cherche et qu’on ne trouve presque rien, on trouve… quelqu’un de discret. Ce n’est pas un défaut.

Mais si tu en as envie, une présence choisie peut devenir un vrai atout. L’idée n’est pas de « te vendre » ni de jouer un rôle : c’est de laisser une trace volontaire, qui montre ce que tu fais et ce que tu aimes. Un compte pour tes dessins. Une chaîne où tu expliques tes montages. Les matchs de ton équipe. Le jour où quelqu’un tape ton nom, il tombe sur quelque chose que TU as construit — et cette trace-là raconte l’histoire que tu as choisie.

Élio t’explique

Pense « vitrine » et « jardin ». Le jardin, c’est ta vie privée : réservé à ceux que tu invites. La vitrine, c’est ce que tu choisis d’exposer. Le problème n’est jamais d’avoir une vitrine — c’est d’y laisser traîner son jardin.

Exemple — Fatou et son compte dessin

Fatou, 14 ans, dessine depuis la 6e. Cette année, elle ouvre un compte dédié : un pseudo, pas de visage, pas de vie perso — uniquement ses planches, ses croquis ratés, ses progrès. Elle poste quand elle a quelque chose à montrer, parfois trois fois par mois, parfois rien pendant six semaines. Son compte perso, lui, reste privé, pour ses copines.

Ce compte, c’est sa vitrine ; son quotidien, c’est son jardin. Personne ne mélange les deux. Fatou ne « fait pas sa promo » : elle laisse simplement une trace volontaire, à son rythme. Si elle décide un jour de relier ce compte à son nom — pour un portfolio, par exemple —, celui qui le découvrira tombera sur deux ans de dessins et de progrès, pas sur un pseudo coupé de tout. C’est toute la différence entre subir son image et la construire.

Si tu construis une présence, les règles d’or

  • C’est optionnel : ne rien montrer est un choix aussi respectable que montrer.
  • Sépare vitrine (public, ta passion) et jardin (privé, tes proches).
  • Pseudo ou vrai nom : décide selon ton objectif — être trouvé, ou progresser tranquille.
  • Montre ce que tu fais, pas ta vie privée : le travail suffit.
  • Régularité douce plutôt que rafales : la constance impressionne plus que le volume.
  • Avant de publier quoi que ce soit : vérifie l’âge minimum exigé par le service, retire tout signe de ton établissement, de ta ville précise ou d’un contact personnel, et montre ton projet à un adulte de confiance.

Quiz

C’est quoi une présence en ligne « choisie », au sens de ce cours ?

À toi de jouer — Ton inventaire, puis une décision

Prends dix minutes et réponds par écrit à trois questions. 1) Qu’est-ce que je fais dont je suis un peu fier (sport, création, projet, jeu maîtrisé…) ? 2) Est-ce que j’aurais envie d’en garder une trace publique — oui, non, plus tard ? 3) Si oui, sous quelle forme minimale (un compte dédié, un dossier de photos, une page) ? Puis fais UNE action : prépare une maquette privée — brouillon, pseudo choisi, deux ou trois publications imaginées — et montre-la à un adulte de confiance avant de rendre quoi que ce soit public… ou décide en conscience de ne pas le faire. Les deux sont des victoires.

Si ça dérape : ton plan d’action

Dernier chapitre, peut-être le plus important : que faire si, malgré tout, ça dérape ? Une photo qui circule sans ton accord, une rumeur qui enfle, un compte qui se moque de toi, une story humiliante…

Première chose à imprimer, avant toute technique : ce n’est pas ta faute. Même si la photo vient de toi, même si tu l’avais envoyée à quelqu’un en qui tu avais confiance : la faute est chez celui qui diffuse, pas chez celui qui subit. La honte doit changer de camp. Et pendant ce temps, toi, tu appliques un plan. Ce plan tient en cinq gestes, dans l’ordre — fait pour être suivi même (surtout) quand la panique monte.

Figure

Un contenu circule sur toi : les cinq gestes, dans l’ordre

  1. Ne réponds pas à chaud : une réaction publique peut relancer la diffusion
  2. Garde des preuves : captures d’écran avec les pseudos, les dates, les liens
  3. Bloque les comptes en cause et signale le contenu sur l’appli
  4. Parle-en à un adulte de confiance et contacte le 3018 (gratuit, confidentiel)
  5. Si le contenu semble illicite : signalement PHAROS ; sinon, adulte, établissement ou police selon la situation

Comment lire : Suis ces étapes pour un contenu qui circule : d’abord garder son calme et les preuves, ensuite couper (bloquer, signaler), puis chercher de l’aide. Mais si on te menace ou qu’on te fait chanter (extorsion), inverse l’ordre : alerte d’abord un adulte de confiance et appelle le 17 ou le 112 — PHAROS n’est pas un service d’urgence.

Détaillons les gestes clés. Les preuves d’abord : avant de bloquer ou de faire supprimer quoi que ce soit, capture. L’écran, le pseudo, la date, le lien. Ça semble contre-intuitif — on voudrait que ça disparaisse tout de suite — mais les captures aident vraiment l’appli, le collège et la police à agir plus vite ; elles ne sont pas un préalable obligatoire, tu peux être écouté, signaler ou porter plainte même sans preuve constituée. Capture si tu peux, puis fais supprimer.

Le signalement ensuite : chaque réseau a un bouton « signaler » sur les posts, les comptes et les messages. Utilise-le toi-même : chez les grandes plateformes, le nombre de signalements ne détermine pas le retrait d’un contenu — inutile de mobiliser tes amis, garde plutôt tes preuves et parles-en à un adulte. Le 3018, enfin : retiens ce numéro comme le 15 ou le 17. C’est le numéro national contre les violences numériques faites aux jeunes, gratuit et confidentiel — par téléphone, par tchat sur 3018.fr ou via l’appli 3018. Au bout du fil, des professionnels qui t’écoutent sans te juger, et qui peuvent faire retirer des contenus plus vite grâce à leurs accords avec les plateformes. Et souviens-toi : si les personnes en cause sont des élèves, ton collège doit t’aider, même quand tout s’est passé en ligne.

Élio te met en garde

Si quelqu’un te menace de diffuser une image de toi pour t’extorquer quoi que ce soit — de l’argent, d’autres photos —, ne paie jamais, ne négocie jamais, et parles-en tout de suite : 3018, un adulte, la police. Ce chantage est un piège connu, et tu n’es pas seul à le gérer.

Exemple — Salomé face à la rumeur

Un dimanche soir, Salomé, 14 ans, découvre qu’un compte anonyme a détourné une photo d’elle avec une légende humiliante, et que la moitié de sa classe l’a déjà vue. Première impulsion : commenter pour se défendre, supplier qu’on supprime. Elle se retient — répondre à chaud, ça relance la machine.

À la place, elle applique le plan. Captures d’écran du compte, de la photo, des partages, avec les pseudos. Blocage, signalement — elle le fait elle-même, sans recruter ses amies pour signaler en masse. Lundi matin, elle montre tout à sa mère, puis à la CPE, captures à l’appui. Le soir, elle contacte le tchat du 3018. Dans les jours qui suivent, le contenu est retiré. Ce qui a protégé Salomé, ce n’est pas la chance : c’est d’avoir su, avant la crise, quoi faire et dans quel ordre.

Quiz

Une photo de toi circule sans ton accord. Quel est le bon premier réflexe technique ?

Ton plan d’action, à garder sous la main

  • Aujourd’hui — Enregistre le 3018 dans tes contacts (téléphone, tchat sur 3018.fr, appli 3018).
  • Cette semaine — Fais l’exercice du chapitre 1 (te chercher en navigation privée) et l’audit du chapitre 2.
  • En continu — Demande avant de poster quelqu’un, et refuse de relayer ce qui blesse.
  • Si ça dérape — Les cinq gestes dans l’ordre : calme, preuves, blocage-signalement, adulte + 3018, PHAROS/plainte.

À toi de jouer — Ta fiche réflexe (dix minutes, une bonne fois pour toutes)

Crée une note dans ton téléphone intitulée « Si ça dérape » et recopie les cinq gestes du plan avec les contacts : le 3018 (téléphone, 3018.fr, appli), internet-signalement.gouv.fr, et le nom de ton adulte de confiance au collège. Partage cette note à un ami : si un jour l’un de vous est visé, l’autre saura exactement quoi faire. Une crise se gère mille fois mieux avec un plan écrit à froid.

Élio te félicite

Tu sais maintenant voir ta trace, la régler, faire valoir tes droits, respecter ceux des autres et réagir si ça dérape. Ton image en ligne vient de changer de mains : elle est dans les tiennes. Prends-en soin — et n’oublie pas de vivre aussi hors écran.

Continue ton élan

Cours suivant : Travailler en groupe sans y laisser des plumes

Le passager clandestin, le chef autoproclamé, le « je croyais que tu t’en occupais »… Les travaux de groupe ratent toujours pour les mêmes raisons. Voici comment les éviter.